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María del Carmen PARRA SIMÓN

La présence de la phraséologie dans la chanson, un atout dans l’acquisition de la prononciation en cours de FLE

María del Carmen Parra Simón
Université d’Alicante
mdcp20@alu.ua.es

Résumé

Notre étude se situe dans le cadre de la didactique de la phraséologie et de la phonétique corrective appliquée à la langue française pour des étudiants hispanophones. Nous sommes convaincus de l’importance de la phonétique et de la phonologie car nous ne pouvons pas concevoir l’apprentissage d’une langue vivante sans l’apprentissage de sa prononciation dans son aspect auditif mais aussi articulatoire.
Nous avons approché la phraséologie dans une perspective actionnelle où les étudiants de FLE agissent en tant qu’acteurs sociaux. Nous avons constaté qu’un apprentissage fondé sur la communication où l’oralité et l’écriture existent équitablement bénéficie l’apprentissage d’une langue étrangère. La musique ainsi que la phraséologie font partie de la culture et de la communication dans n’importe quelle langue et normalement elles vont de pair. Pour ce faire, nous avons abordé la chanson « Hijo de la luna » de Mecano composé par J.M Cano en espagnol et son adaptation vers le français « Dis-moi lune d’argent » de D. Burgard.
Toute approche à tout type de phraséologie constitue un défi pour la traduction et surtout pour l’enseignement d’une langue. Avec l’analyse contrastive de l’authentique et l’adaptation de cette chanson nous tentons de repérer l’empreinte des cultures à travers les traductions, notamment de la phraséologie. Dans ses théories, Galisson (1984 :119) annonçait « ne pas séparer artificiellement langue et culture, de mener leur approche de pair, d’accéder à la culture partagée par la langue, spécialement par le lexique ». À cet effet, nous intégrons l’étude de la chanson dans l’apprentissage de la phraséologie et par conséquent, de la phonologie en tant qu’un moyen d’expression et de communication.

Abstract

Our study is part of the didactics of phraseology and corrective phonetics applied to the French language for Spanish-speaking students. We are convinced of the importance of phonetics and phonology because we can not conceive the learning of a living language without the learning of its pronunciation in its auditory and articulatory aspects.
We have approached phraseology in an action-oriented perspective where FLE students perform as social actors. We discovered that communication-based learning where oral and written skills exist equitably promotes the learning of a foreign language. Music and phraseology are part of culture and communication in any language and normally they go hand in hand. To achieve this, we chose the song "Hijo de la luna" of Mecano composed by J.M Cano in Spanish and his adaptation to French "Dis-moi lune d’argent " by D. Burgard.
Any approach to any type of phraseology is a challenge for translation and especially for teaching a language. With the contrastive analysis of the original song and its adaptation we try to identify the imprint of cultures through translations, including phraseology. In his theories, Galisson (1984: 119) announced “ne pas séparer artificiellement langue et culture, de mener leur approche de pair, d’accéder à la culture partagée par la langue, spécialement par le lexique” [not to artificially separate language and culture, to lead their approach hand in hand, to access the culture shared by the language, especially by the lexicon]. To this end, we integrate the study of song in the learning of phraseology and therefore, phonology as a means of expression and communication.

0. Introduction

Dans cet article, nous présentons une idée didactique novatrice qui concilie deux composantes essentielles dans l’enseignement des langues étrangères (désormais LE) : les expressions idiomatiques présentes dans la langue cible, associées à leur structure profonde et à leur prononciation, dans la perspective d’une acquisition réelle, active. Pour ce faire, l’intonation, la mélodie et le rythme favoriseront par imprégnation la mémorisation des structures idiomatiques et, partant, des structures phoniques propres à la LE. Notre étude se situe dans le cadre de la didactique de la phraséologie et de la phonétique corrective appliquée à la langue française pour des étudiants hispanophones. Nous sommes convaincue de l’importance de travailler la langue en contexte, à partir de documents authentiques qui familiarisent les étudiants à un monde de découverte et d’auto-apprentissage. Chemin faisant, les apprenants adopteront en contexte des expressions idiomatiques (désormais EI) grâce à la chanson comme instrument didactique.

Une prononciation déficiente risque d’isoler l’énonciateur face à son interlocuteur, parce qu’elle fait obstacle à une saisie du message communiqué, brouillé par une difficulté de décodage. En outre, la discrimination des phonèmes s’avère indispensable : pour pauvre que soit la compétence linguistique, si la prononciation est recevable, le message sera compris et accepté. L’entraînement à une bonne prononciation sera donc vu et accepté comme un besoin langagier prioritaire de la pertinence communicative. La langue n’est pas un but en soi mais un moyen de communication : « Les différences phoniques permettent de distinguer un mot de tous les autres, car ce sont elles qui portent la signification » (JAKOBSON 1976 : 55). Tous les sons devront s’unir en un signifiant, qui se chargera d’un signifié : la forme phonique du signe donnera aux apprenants une parole chargée de sens. Donc, l’image phonique, grâce à la forme, surgira dans leur esprit accompagnée de son signifié et, partant, leur transmettra un message.

Pour maîtriser une langue, il nous faudra comprendre et interpréter ces phénomènes acoustiques, délimiter les sons de la langue en question et les charger de sens. Le but de l’apprentissage sera : comprendre et parler pour se faire comprendre.

1. La présence de la phraséologie dans l’apprentissage du FLE

Nous avons abordéla phraséologie dans une perspective actionnelle en entraînant nos étudiants de FLE àagir en tant qu’acteurs sociaux (CECRL 2001 : 15), et à accomplir des tâches (individuellement, en binôme, en petit ou grand groupe) à l’aide d’outils linguistiques. Nous avons constaté qu’un apprentissage fondé sur la communication où l’oralité et l’écriture vont de pair est particulièrement bénéfique à l’acquisition d’une langue étrangère. Depuis le niveau débutant, le domaine de la prononciation demande une grande attention car « produire des sons correctement, c’est produire du sens » (RUIZ 2011 : 392). La chanson en cours constitue un potentiel d’enrichissement linguistique et un outil d’apprentissage qui contribue à l’amélioration de la prononciation. Ce moyen s’avère utile à la mémorisation des structures langagières qui seront réutilisées dans des situations de communication réelles. À cet effet, l’acquisition d’une unité phraséologique (désormais UP) devient inéluctable dans l’apprentissage d’une LE, surtout lorsqu’il s’agit de la prononciation et notamment de la prosodie, car les expressions figées ont une forte charge expressive, culturelle et intonative. D’après Solano (SOLANO 2018 : 263), « la phraséologie est incontournable à l’heure d’apprendre une LE, les phrasèmes ont un poids considérable dans l’ensemble du lexique d’une langue ». González Rey concilie prononciation et phraséologie en disant que :

La musique ainsi que la phraséologie font partie de la culture et de la communication dans n’importe quelle langue et normalement elles vont de pair. Les expressions figées sont pourvues d’une dimension linguistique et culturelle indissociable. Elles contiennent des indices, implicites ou opaques, que les natifs gèrent sans difficultés mais contre lesquels butent les allophones. (GONZÁLEZ 2007 : 45)

Les éléments suprasegmentaux du langage jouent un rôle décisif dans le processus d’enseignement-apprentissage d’une LE pour arriver à une communication efficace. Le choix de chansons à travailler en cours ne constitue pas une tâche aisée pour l’enseignant : il faut tenir compte des critères spécifiques et appropriés aux étudiants selon la thématique, les aspects linguistico-discursifs, le lexique abordé, les traces socioculturelles, les éléments transversaux et les aspects prosodiques présents dans le texte à travailler en cours. De surcroît, la phraséologie (en particulier les expressions idiomatiques) fait naturellement partie de la chaîne parlée de l’apprentissage de la LE.


1.1 Qu’est-ce que la phraséologie ?

Les premières recherches en phraséologie datent du XVIIIe siècle. Pour Saussure, ce sont des « locutions toutes faites » (SAUSSURE 1972 : 2), tandis que Rey et Chantreau la définissent comme « un système de particularités expressives liées aux conditions sociales dans lesquelles la langue est actualisée » (REY et CHANTREAU 1989 : 5). En reprenant les propos de Gonzalez Rey, nous dirons que la phraséologie est :

un système de signes linguistiques composés de groupes de mots ayant un sens global, souvent figuré et métaphorique configuré par des phrases toutes faites, locutions, idiomatismes et proverbes. (GONZÁLEZ 2002 : 20)

Saisir le sens d’une expression figée demande une certaine aisance du sujet parlant, aussi bien en langue source (désormais LS) qu’en langue cible (désormais LC). La phraséologie est présente dans les échanges quotidiens et alimente une part importante de la communication de la vie quotidienne. Les locuteurs natifs y recourent spontanément, sans restreindre pour autant son emploi à l’oral, aussi faut-il prendre en compte son utilisation également dans le domaine de l’écrit.

1.2 Qu’entendons-nous par phraséodidactique ?

La didactique des LE relève de la phraséodidactique car elle est intégrée dans l’enseignement intégral de la langue et du monde qui l’entoure. D’après González Rey, la phraséodidactique est :

La phraséodidactique, ou didactique de la phraséologie, concerne l’enseignement-apprentissage des expressions figéesdans le cadre de l’acquisition des langues vivantes, que ce soient des langues maternelles ou des langues étrangères. (GONZÁLEZ 2010 : 2)

Pour apprendre une langue, il faut s’approprier non seulement ses unités lexicales autonomes, mais aussi leurs patrons de cooccurrence, sa phraséologie et sa prosodie. Ce processus implique un engagement aussi bien de la part de l’enseignant que des étudiants. Les apprenants recevront enthousiastes et motivés toute approche communicative, puisque le but premier de toute langue (acquise ou apprise) est la communication.

2. L’intérêt de la phraséodidactique en FLE

Nous introduisons en cours la prononciation par le biais de la phraséodidactique. Pour améliorer la compétence linguistique et communicative de nos apprenants, nous entrerons en matière phraséologique dans un double but, faisant d’une pierre deux coups. L’apprenant acquerra, d’une part, la compétence phraséologique et d’autre part, les éléments suprasegmentaux du langage qui seront systématiquement appréhendés et assimilés. Il s’agit de privilégier le développement des compétences communicationnelles de nos apprenants, tout en améliorant leur prononciation. Les éléments rythmiques peuvent aider à mieux connaître la prosodie de la langue cible et à s’en imprégner. Mme de Staël écrivait : « En apprenant la prosodie d’une langue, on entre plus intimement dans l’esprit de la nation qui la parle ». Pour rendre compte à quel point les faits prosodiques affectent et caractérisent des unités de la chaîne parlée, on regroupe sous le terme de prosodie des phénomènes comme l’accent, le ton, le rythme, la quantité et l’intonation. L’intonation s’applique à un groupe de mots, elle est liée à la ligne musicale de la phrase, la mélodie, et permet de délimiter une phrase phonologique, correspondant le plus souvent sur le plan phonétique à la phrase syntaxique. L’intonation relève de la prosodie polylexicale et s’applique à un groupe de mots. Le français bénéficiant d’un accent de groupe nous aidera à améliorer la prononciation des EI puisque ses éléments forment une unité de signification.

2.1. Favoriser la mémorisation d’EI 

D’une part, si la mémoire visuelle joue un rôle essentiel dans l’appropriation d’EI puisque celles-ci renvoient à des images différentes de leur sens et favorisent leur mémorisation grâce à leur décryptage, d’autre part, la compréhension d’une expression n’est pas réductible aux mots, elle n’est pas comprise de manière littérale mais dépasse la somme de ses constituants, qui forment un tout appréhendé comme tel. Alors, la mémoire auditive favorise la prononciation de l’apprenant, qui intériorise ce syntagme comme un tout. Prenons l’exemple : faire la poussière.

parra francophone 1

parra hispano 1

Image référentielle pour un francophone

Image référentielle pour un hispanophone

Saisissons l’exemple « prendre des vessies pour des lanternes », qui pourrait être traduit en espagnol par « no confundir las churras con las merinas ».

parra francopho 2

parra hispano 2

Image référentielle pour un francophone

Image référentielle pour un hispanophone

En français, cette expression très ancienne a deux origines : la première part des vessies de porc, qui étaient autrefois gonflées et séchées pour servir de récipient, mais parfois utilisées en lanternes de secours, abritant une bougie allumée. Du coup, il était facile de faire croire qu’une telle vessie pendue au plafond était une lanterne, en raison de leur similitude de forme. La seconde juxtapose le mot lanterne, qui signifiait des absurdités, et vessie dans l’expression vendre vessie voulait dire « vendre du vent ». D’où « se tromper lourdement dans ses appréciations ».

En espagnol, nous ne devons en aucun cas mélanger les moutons Churras, qui produisent viande et lait d’excellente qualité, avec les moutons Merinas, appréciés quant à eux plutôt pour leur laine. Malgré leur ressemblance physique, évitons de les confondre, d’où l’UP. La structure profonde prône le sens de « se tromper lourdement dans ses appréciations ».

En fin de compte, en suivant ces démarches, il est indéniable que dès l’écoute ou la lecture d’une EI travaillée, l’image décortiquée leur reviendra à l’esprit spontanément, les apprenants en décoderont le sens métaphorique et associeront l’image qui s’ouvre à une autre culture que la leur.

3. Méthodologie

Le recours à la chanson est une méthode qui vise à enseigner la langue en donnant du plaisir à nos apprenants, et, partant, à développer leurs compétences cognitives. La musique, la mélodie et les répétitions des paroles aident à la mémorisation et à l’acquisition des EI en privilégiant leur structure. Afin de mettre l’accent sur l’amélioration de la prononciation du français, dans nos classes, en dépit de l’hétérogénéité du groupe, nous essayons, dans la mesure du possible, de favoriser un échange conversationnel entre les apprenants à partir de documents authentiques. Notre point de départ est une méthodologie basée sur la communication, orientée vers l’acquisition d’une compétence communicative.

Plus précisément, pour mener à bien notre expérience, les apprenants ont choisi la chanson « Dis-moi lune d’argent » de D. Burgard, traduction de la version originale « Hijo de la luna » de Mecano composé par J.M. Cano. Notre corpus s’appuie sur le décryptage d’UPs repérées dans la chanson en français et pour cela, nous proposons à nos apprenants une série de séquences didactiques basées sur la communication orale et écrite, dans le but d’entraîner le groupe à la communication réelle en FLE.

Nous avons travaillé pendant cinq sessions des chansons extraites de la méthode Phraséotext et les séquences didactiques proposées. Nous appuyant sur le travail précédent, « Dis-moi lune d’argent » a donné matière à des tâches basées dans un premier temps sur la compréhension globale des messages de la chanson, puis sur l’identification des figements, des collocations, des métaphores et des expressions idiomatiques présentes. Les unités phraséologiques recensées ont été triées selon leur degré de difficulté de compréhension et de traduction par rapport à la version originale. Même si notre objectif premier privilégiait la compréhension et l’expression orales, l’écriture a été utile aux étudiants de niveau débutant A2, à qui elle a permis d’identifier l’image référentielle et de deviner la structure profonde des figements présents dans la chanson.

4. La chanson, un outil efficace dans l’enseignement de FLE ?

La musicalité de la langue apparaît dans les textes dits ou chantés dans l’architecture de sa prosodie et dans la combinatoire des segments qui la composent. Quoi que nous entendions, le refrain se grave dans notre esprit. La mélodie, la rime, le rythme, l’intonation… ces aspects engendrent un plaisir qui, nous le savons, sollicite nos sens et active notre capacité à mémoriser. En répétant et en mémorisant des relations graphies-phonèmes, nos apprenants, motivés et curieux de leur propre apprentissage, apprennent à prononcer de façon adéquate et se font comprendre. À ce propos, Grimbretière affirme :

L’avantage de la chanson est de motiver tout d’abord, d’aider à la perception de sons nouveaux, de lever certaines inhibitions et donc de permettre une production (linguistique) plus aisée portée en cela par la musique et le rythme. (GRIMBRETIÈRE 1994 : 84)

À partir de la traduction mentale, nos apprenants seront capables d’établir des relations comparatives entre l’espagnol et le français, deux langues étroitement liées. C’est précisément ce qu’affirme Bally dans son Traité de stylistique française :

L’étude des langues tend, disons-nous, vers un traitement automatique et mécanique du langage ; elle met trop souvent l’esprit dans une disposition passive et prépare imparfaitement à l’observation désintéressée et scientifique. […] La méthode intuitive, plus rapprochée du mouvement naturel du langage, s’en tient éloignée en ne faisant pas assez appel à l’observation des faits (BALLY 1921 : 34)

Grâce à une approche intuitive ou méthode de la découverte, les apprenants construisent de nouveaux savoir dans leur LE. Par rapport à l’intégration des expressions figées en didactique, Iglesias (2007 : 67) défend l’idée d’un traitement précoce des suites figées dans l’enseignement d’une LE en mobilisant chez l’apprenant les mêmes stratégies de compréhension acquises qu’en langue maternelle. La motivation des apprenants se voit d’ailleurs renforcée dans l’acquisition de la phraséologie des langues étudiées.

Suivant notre propre expérience en cours, nous avons introduit la prononciation par le biais de la chanson, et avec elle, tout naturellement, des phrasèmes présents dans ce type de textes, témoins de l’actualité et de la culture de la langue d’étude. La chanson constitue bien un outil didactique qui permet d’accéder à une autre culture d’une façon simple et de transmettre un message, des émotions, tout en facilitant l’apprentissage d’une LE. Par conséquent, arrivés à ce point, nous nous demandons quelles chansons choisir pour nos cours.

4.1. Quels seraient les critères pour choisir une chanson ?

Pour ce faire, nous avons suivi les indications de Swann Paradis et Gaëlle Vercollier (PARADIS & VERCOLLIER 2010 : 97) qui établissent des paramètres pour choisir des chansons contemporaines en cours de FLE :

Critères essentiels
Critères souhaitables
Langue cible présentée pouvant servir de modèle langagier 
(phonologie, syntaxe, vocabulaire, etc.)
Variété de tons et de voix
Paroles audibles
 (non recouvertes par la musique)
Registres de langue variés (soigné, familier, voire vulgaire)
Mélodie « simple »
 (en harmonie avec les paroles)
Structure textuelle claire (cohérence syntaxique)
Débit et rythme mesurés
Références ethnosocioculturelles (expression idiomatiques, phraséologie)
Refrain 
(ou mélodie comportant des répétitions)
Durée relativement courte – 5 minutes (ou blocs permettant l’analyse fragmentaire)
Lexique riche et varié (linguistique, sociolinguistique, pragmatique)
Nombre important de rimes
Formes grammaticales connues et nouvelles (apprentissage « en spirale »)
Support vidéo (officiel ou non – YouTube)
Thèmes riches et variés (susceptibles d’alimenter le débat)
Isorythmie

Les résultats d’une étude de l’université de York montrent les bénéfices de la chanson « contemporaine » comme recours principal pour l’enseignant de langues étrangères. Tenant compte de l’accessibilité facilitée par la modernisation des ressources et des salles de classe au cours des dernières années, et parce qu’elle expose les apprenants aux différents registres qui constituent la langue et les cultures francophones, Poliquin affirme que « la chanson constitue un outil pédagogique sans pareil pour l’éducateur » (POLIQUIN 1988 : 1), et semble s’imposer comme un outil indispensable dans un cours de LE censé « séduire » ses apprenants. De plus, le choix de notre chanson a été partiellement décidé par nos étudiants : après l’écoute de plusieurs chansons contenant des UF préalablement sélectionnées par les enseignants du département de FLE, les apprenants en ont proposé une qu’ils percevaient comme plus proche de leur réalité. À partir de leurs connaissances en LM et LE, ils ont opté à l’unanimité pour la chanson « Dis-moi lune d’argent », qui réunissait en effet les critères préconisés supra par Paradis et Vercollier.

4.2. Que faire pour convaincre nos apprenants de l’importance d’une bonne prononciation ?

Afin de tirer parti du contexte général de leur apprentissage, il semble intéressant de s’appuyer sur la musique et le rythme de la langue, tenter de la faire imiter. Lorsqu’un enfant apprend en chanson les tables de multiplication, il mémorise premièrement la musique et plus tard les « paroles ». C’est parti ! La musicalité, un ancrage mnémotechnique, conséquemment en chantonnant l’enfant récupérera le chiffre oublié dans une suite telle : 1-2-3 ; 4-5-6 ; 7-8-9.

Un apprenant du groupe niveau A2 selon le CECRL a accepté de s’engager comme volontaire dans cette expérience concernant la prononciation et l’acquisition des EI : nous l’avons enregistré, pour vérifier nos hypothèses.

La mélodie, le rythme et l’expérience vécue débouchent sur le dépassement du crible prosodique et ils améliorent notamment leur élocution, ce qui reflète, selon nos enregistrements, une assimilation des expressions inconnues et une conscience phonétique et prosodique absentes jusque-là. Nous essayons de sensibiliser nos apprenants à l’importance qu’une bonne prononciation est un facteur de réussite de l’échange. La pratique pédagogique est la preuve manifeste que, si la classe de langue est un lieu social, c’est surtout un lieu qui infère les objectifs de l’apprenant et de l’enseignant. Or, pour que les apprenants développent une réelle compétence de communication à l’oral, il est impératif qu’ils fixent oralement les structures que nous souhaitons voir maîtriser spontanément dans les interactions. Une fois cernées les difficultés, la mise en œuvre d’activités favorise l’acquisition du français, et c’est donc dans ce cadre que nous tentons de soutenir, d’encourager et de motiver nos apprenants à améliorer leur prononciation en mettant en place des stratégies pour accéder au sens.

4.3. Comment motiver nos apprenants ?

Après avoir appris les chansons, les étudiants déclarent : « J’ai passé toute la journée à entendre sur mon ordi et à répéter la chanson étudiée hier », « c’est trop accrochant, ce refrain », « j’adore son rythme », entre autres. Ce sont les réflexions les plus fréquentes de mes étudiants après avoir abordé des chansons en cours. En fait, ils ont déjà leurs propres listes de reproduction en français, ils en connaissent les paroles, les expressions idiomatiques (dorénavant EI), les scénarios apparus dans les clips, les éléments socioculturels et les éléments transversaux qui enferment forcément les chansons en tant que moyens d’expression représentant la chaîne parlée. Les chansons, associées aux avis des étudiants à leur endroit, nous mènent à une réflexion méthodologique.

5. La chanson, fenêtre ouverte vers la prononciation et l’acquisition des EI

La chanson présente décidément une série d’avantages pour son utilisation en classe FLE : elle s’oriente sur l’acquisition de la compétence socioculturelle et comme un déclencheur de l’oral qui favorise la compétence de communication. Toute approche de la phraséologie indique un défi de la part des enseignants, puisque les UP représentent une partie minimale des manuels de FLE, et une bonne part de la population les ignore, faute de les identifier. Or il se produit précisément le contraire dans la communication. Nous décrivons ici une étude visant à rapprocher la phonologie et la phraséologie au moyen d’une chanson. À partir de documents authentiques, nous remarquons que les EI – notamment les expressions figées et les collocations – sont très présentes dans les registres standards et soutenus mais surtout dans le langage familier et argotique. Donc, afin d’obtenir une compétence communicative efficace, il est indispensable de familiariser nos étudiants avec les EI en FLE et d’en tirer profit pour peaufiner leur prononciation. Plus les apprenants maîtrisent des EI, plus ils se sentent à l’aise pour communiquer en LE. D’après l’article « La présence de l’argot dans la phraséologie, un atout pour une approche intonative de FLE » de Ruiz Quemoun :

Il faudrait mettre l’accent sur l’importance de la prosodie dans l’enseignement-apprentissage d’une langue étrangère, car celle-ci fournit à l’apprenant la possibilité de segmenter la parole en oscillations, en unités de sens, comme dans sa langue maternelle. Pour chanter une chanson, il nous faut les paroles mais aussi la musique, l’apprentissage d’une langue se fait en suivant ce schéma. Les phonèmes (les paroles) et les unités suprasegmentales (la musique) génèrent le discours, la langue. Négliger un des deux éléments impliquerait une mutilation. (RUIZ 2011 : 396) 

6. Analyse du corpus

L’analyse contrastive de la version originale et de la traduction de cette chanson nous a permis de repérer l’empreinte des deux cultures, notamment de la phraséologie. Dans ses réflexions, Galisson déclarait s’efforcer « de ne pas séparer artificiellement langue et culture, de mener leur approche de pair, d’accéder à la culture partagée par la langue, spécialement par le lexique » (GALISSON 1984 : 119). À cet effet, nous intégrons l’étude de la chanson dans l’apprentissage de la phraséologie et par conséquent, de la phonologie en tant que moyen d’expression et de communication :

La chanson correspond donc, pour nos étudiants étrangers (adultes), à une réalité connue, aimée en général, vitale presque pour certains, présente dans leur culture, dans leur vécu, quels que soient leur éducation et leur niveau de scolarité. (POLIQUIN 1988 : 1)

Dans la traduction des paroles d’une chanson, nous ne nous limitons pas aux mots mais aussi aux sons, à la mélodie et au rythme qui méritent bien une analyse. Plus la traduction reste fidèle aux unités phraséologiques, plus la traduction est riche. Par contre, ce n’est pas toujours possible et les traducteurs font de merveilleuses tournures qui nous affichent la richesse et la magie du langage. Il s’agit d’arriver à la structure profonde des figements et de nous joindre à la didactique de FLE en nous appuyant sur les phrasèmes en discours chanté – expressions figées ou collocations – pour apprendre à mieux prononcer. De cette façon, les figements ainsi que l’intonation et les rythmes de la LE seront plus facilement intégrés dans le répertoire linguistique des apprenants. Tenant compte de la complexité de la traduction d’une chanson, il s’avère indispensable de respecter le sens de ses paroles. À cet égard, la plupart des EF ne sont pas traduites par un équivalent figé dans la langue cible, mais par le biais d’une tournure. Nous allons donc mentionner celles qui apparaissent dans la chanson et/ou dans sa traduction.

Les deux strophes de la chanson contenant quatre UP enregistrées contiennent les expressions figées suivantes : « lever du jour », « exaucer ta prière », « la pleine lune » et « bercer l’enfant ». Dans la vie de tous les jours, et d’un point de vue fonctionnel, la lecture à voix haute prend dans l’activité pédagogique une place fondamentale. Le premier enregistrement a été réalisé sans préparation préalable. Les données acoustiques de cet enregistrement sont traitées par le logiciel Praat2. Une fois détectées les fautes phonétiques récurrentes chez l’étudiant, à la suite de cinq sessions de travail, le même élève a enregistré3 de nouveau le même corpus et nous avons analysé le résultat obtenu grâce à l’influence positive de la chanson en ce qui concerne la prononciation et surtout les éléments prosodiques. Il s’est avéré que du point de vue neurolinguistique, les chansons exposent l’apprenant à un stimulus à la fois mélodique et linguistique, donc elles favorisent l’apprentissage et la mémorisation de la prononciation et de la prosodie de la langue.

Nous examinons et proposons le décryptage de quelques EI présentes dans la chanson travaillée en classe. Premièrement, nous distribuons dans une première colonne les UP répertoriées dans la version originale. Puis, chaque expression traduite en français est donnée dans une deuxième colonne. Et finalement, infra nous soumettons les techniques employées dans la traduction.

Version espagnole
Version française
« hijo de la luna »
« dis-moi lune d’argent »
Amanecer
Lever du jour
Blanco como el lomo de un armiño
Tout comme l’hermine, il était blanc
Maldita su estampa
Maudit sois-tu bâtard !
Se hizo al monte
La colline il monta
Una cuna
Un berceau de lumière
Que te haga mujer
Exaucer ta prière
La luna llena
La pleine lune
Poco
Bien peu

  • « dis-moi lune d’argent» : la traduction apporte de la couleur au sens littéral original. L’image référentielle du spectateur français est celle d’une jeune femme qui invoque la pleine lune à couleur argentée. Cet appellatif est également présent dans la version originale, dans le substantif « hijo », mais dans ce cas-là, la couleur de la lune n’est pas lexicalisée. L’espace référé dans les deux cas est le ciel.

  • « lever du jour » : à partir d’un mot, la traduction propose une UP composée d’un syntagme verbal (verbe + préposition + article + substantif). L’image est identique dans les deux cas. De plus, l’équivalence syllabique entre le terme en espagnol et le terme en français permet de respecter le rythme et la mélodie de la chanson originale.

  • « Tout comme l’hermine, il était blanc » : la traduction respecte la métaphore et transpose l’expression originale.

  • « maudit-sois tu, bâtard !» : cette injure renferme en français une fixation moins forte qu’en espagnol. Aussi le traducteur a-t-il proposé une traduction explicative en ajoutant le terme « bâtard ».

  • « la colline il monta » : le procédé traductif de la transposition permet le passage d’une catégorie grammaticale à une autre sans changer le sens original.

  • « Un berceau de lumière » : le complément de nom de la traduction embellit la version originale.

  • « Qui exauce ta prière » : par rapport au texte source, la modulation met en avant le changement de point de vue du locuteur.

  • « La pleine lune » : il s’agit d’une traduction littérale avec l’inversion de l’adjectif.

  • « bien peu » : la traduction apporte un adverbe pour le rythme.

Avant de travailler la chanson en cours, nous avons enregistré la lecture de deux extraits sélectionnés de la chanson.

Premier extrait
Deuxième extrait

Lune tu veux être mère
tu ne trouves pas l’amour
qui exauce ta prière
dis-moi Lune d’argent
toi qui n’as pas de bras
comment bercer l’enfant.

Tu auras ton homme, femme brune
du ciel répondit la pleine lune,
mais il faut me donner
ton enfant le premier
dès que te sera né
celle qui pour un homme
son enfant immole
bien peu l’aurait aimé.

Après avoir travaillé la chanson en cours, nous avons réenregistré l’apprenant afin d’évaluer ses progrès concernant les niveaux segmental et suprasegmental. En ce qui concerne le temps de l’élocution, dans le premier graphique, nous pouvons observer le temps employé – mesuré en secondes – en lisant le texte et dans le deuxième, le temps employé en chantant :

parra graphique 1

Graphique 1 : temps de l’élocution de la lecture (mesuré en secondes)

parra graphique 2

Graphique 2 : temps de l’élocution chantée (mesuré en secondes)

Normalement, nous pouvons penser que lorsqu’un apprenant se sent plus à l’aise dans la LE, son temps d’élocution diminue et son rythme augmente. Au contraire, nous nous confrontons à cette affirmation d’après les résultats de notre expérience, nous observons le premier enregistrement : en lisant, l’étudiant est confronté une première fois au texte, le temps de l’élocution est supérieur à celui du deuxième enregistrement après l’étude et l’analyse de l’extrait. Pourtant, dans le troisième enregistrement, dans les deux extraits, le temps de l’élocution augmente, le rythme diminue et la prononciation ainsi que l’intonation sont considérables. L’analyse des éléments segmentaux et suprasegmentaux des enregistrements montre que, quand l’apprenant chante, à mesure que le rythme de l’élocution diminue, il améliore non seulement la prononciation des phonèmes, mais aussi l’intonation française, entre autres par l’allongement de la dernière syllabe accentuée (ce qui contraste nettement avec la langue espagnole qui « hache » ses syllabes).

5. Conclusion

L’objectif initial de l’expérience didactique était de vérifier si l’apprentissage procédural des figements propres à la langue française menait vers une amélioration considérable de la prononciation. Afin de vérifier l’amélioration de la prononciation, l’analyse faite à l’aide du logiciel Praat s’est centrée sur le paramètre du rythme de l’élocution. Or, l’entraînement du chant a montré un net progrès en ce qui concerne la prononciation des groupes rythmiques, des pauses et de l’intonation propres au français. Dans une ambiance communicative, en cours, la participation active et orale des étudiants est donc fondamentale pour une acquisition efficace de connaissances en LE. Les méthodes communicatives et la perspective actionnelle mettent en relief l’impact des activités communicatives familières sur les apprenants. L’oralité est primordiale et son étude doit être encouragée dès le début de l’apprentissage, comme dans l’acquisition de notre langue maternelle. Aussi est-il prioritaire de faire maîtriser d’entrée de jeu les correspondances graphie/son à chaque fois que l’apprenant est exposé à l’écrit. Ce travail appliqué nous offre ainsi un panorama d’UPs liées à l’intonation.

Exposer un étudiant de FLE à la chanson signifie le faire participer à la vie et à la culture francophones. Nombreux sont les bénéfices que la chanson fournit aux étudiants de LE : la connaissance implicite de la culture, des UPs, des différents registres de langue, des constructions grammaticales idiomatiques et des éléments prosodiques. Les éléments suprasegmentaux tels que le rythme, l’intonation et la musicalité sont travaillés de façon implicite par le biais de la chanson. Cet enjeu fait ressortir l’empreinte précoce de la chanson en cours de FLE pour apprendre à lier graphie et phonèmes et pour discriminer des phonèmes absents du système phonétique originel de l’apprenant. Dans l’intervalle entre l’apprentissage et la production, la motivation joue un rôle primordial et mène l’apprenant à assimiler les nouvelles habitudes phonologiques. En définitif, la chanson en cours de FLE contribue à l’amélioration de la communication orale.

Références bibliographiques

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Annexe 


Parole de la chanson enregistrée, Dis-moi lune d’argent, de Mecano.

Idiot qui ne comprend pas
la légende qui comme ça
dit qu’une gitane
implora la lune
jusqu’au lever du jour
Pleurant elle demandait
un gitan qui voudrait
l’épouser par amour.

Tu auras ton homme, femme brune
du ciel répondit la pleine lune,
mais il faut me donner
ton enfant le premier
dès que te sera né
celle qui pour un homme
son enfant immole
bien peu l’aurait aimé.

Refrain

Lune tu veux être mère
tu ne trouves pas l’amour
qui exauce ta prière
dis-moi lune d’argent
toi qui n’as pas de bras
comment bercer l’enfant.
Hijo de la luna.

D’un gitan cannelle
naquit l’enfant
tout comme l’hermine
il était blanc
ses prunelles grises
pas couleur olive
fils albinos de lune
Maudit soit-tu bâtard !
tu es le fils d’un gadjo
tu es le fils d’un blafard

Refrain

Le gitan se croyant déshonoré
couteau en main sa femme alla trouver
l’enfant n’est pas de moi
tu m’as trompé je vois
à mort il la blessa
Et l’enfant dans ses bras
la colline il monta
là-haut l’abandonna...

Refrain

Et les soirs où l’enfant joue et sourit
de joie aussi la lune s’arrondit
et lorsque l’enfant pleure
elle décroit pour lui faire
un berceau de lumière.

1
Voir annexe 1.

2
Ce logiciel, conçu à l’Institut de Sciences Politiques de l’Université d’Amsterdam par Paul Boersma et David Weenink, permet le traitement et la synthèse des éléments segmentaux et suprasegmentaux du langage (http://praat.org).

3
Vu qu’il s’agit d’un centre scolaire public soumis aux contenus spécifiques et obligatoires imposés par le Ministère pour réussir l’étape scolaire, nous n’avons disposé que de cinq sessions d’une heure. L’enregistrement n’a donc pu se faire qu’avec un seul apprenant. À la suite de cet atelier, nous espérons pouvoir compléter prochainement notre expérience avec d’autres apprenants.

Per citare questo articolo:

María del Carmen PARRA SIMÓN, La présence de la phraséologie dans la chanson, un atout dans l’acquisition de la prononciation en cours de FLE, Repères DoRiF n. 18 - Phraséodidactique : de la conscience à la compétence, DoRiF Università, Roma juillet 2019, http://dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=431

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