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Raffaele ROMANO, Giuseppe MARTOCCIA

Présentation de la Fédération des AF d'Italie

L’enseignement scolaire du français en Italie permet à un grand nombre d’élèves de découvrir cette langue merveilleuse et d’entrer, parfois avec passion, dans les trésors de la pensée, de l’ordre, d’un certain culte pour la rationalité, de l’amour pour l’art et la liberté, de la poésie… bref de la civilisation dont cette langue est véhicule historique.

Le français reste, largement, notre deuxième langue étrangère étudiée, et se porte bien, nonobstant l’inconséquence d’un système scolaire qui, aujourd’hui, empêche à la plupart des élèves un parcours de continuité, du collège à l’université. L’étude du français en effet, commencée à la première année du collège (11 ans), se poursuit sur les trois années de ce cycle, pour disparaître par contre dans les programmes de la plupart des cursus des lycées : de sorte que l’Italie ne suit les recommandations de l’Union européenne pour l’étude des langues étrangères que pour trois ans, de 11 à 14 ans, tandis que le reste du parcours scolaire est monolingue, sauf dans quelques filières de l’école professionnelle (tourisme, hôtellerie, restauration, mode) et technique (marketing, tourisme). Ce qui est navrant dans ce choix, c’est sa principale justification : la nécessité de préparer nos élèves au moins dans une langue de communication internationale, l’anglais, déjà patrimoine de la plupart des communautés linguistiques mondiales.

Malheureusement, les jeunes bacheliers qui font face aux choix universitaires, puis les étudiants en licence et maîtrise qui postulent pour des stages ou des postes de travail en Europe, se rendent vite compte qu’une langue ne suffit pas, et que leur génération voyage sur la maîtrise d’au moins deux langues étrangères. Que de jeunes étudiants de nos universités en Erasmus sont obligés de remédier à la médiocrité du système scolaire italien en faisant tout seuls un parcours de rattrapage linguistique !

De leur côté, les professeurs de français en Italie sont les cobayes du même système : en voici un, en poste au collège, avec ses 9 classes et ses 200 élèves nécessaires pour couvrir son emploi du temps des 18 heures hebdomadaires. Il est plus que surchargé de travail : son collègue anglophone n’aura que 6 classes, soit un tiers du travail en moins, dans lesquelles il devra rejoindre à peu près les mêmes objectifs didactiques. En effet, si à la sortie du collège on demande un A2 du CERCL en Anglais et seulement un A1 en Français, c’est bien les mêmes épreuves de production écrite et orale que l’on affronte aux examens de fin de cycle ! Le pauvre prof de français devra lutter tous les jours de sa vie professionnelle contre des parents d’élèves, des collègues (et parfois même des proviseurs) disant : « mais à quoi sert le français ? », à quoi ça rime, si ce n’est que pour ces trois ans et puis basta ? Et voici ce missionnaire qui doit en quelque sorte « justifier » sa présence dans les programmes et les « PTOF » : motiver les élèves et les parents d’élèves, les gaver avec des raisons, du sens, du brio ; et voici la myriade des projets ne visant à rien d’autre qu’à « faire aimer » le français, de telle façon que cet amour de la part des élèves protège la langue d’une menace souterraine de disparition. Rien ne se perd, bien entendu, et les efforts de cette bataille quotidienne amènent souvent à des résultats extraordinaires, comme la certification du niveau A2 en « terza media », juste avant l’examen de fin de cycle. On aimerait qu’on compte combien d’élèves du collège certifient chaque année le A2 en première langue et en deuxième langue, et rapporter ces résultats non seulement au nombre d’heures par semaine d’anglais et de français, mais aussi et surtout au nombre d’heures et de postes en « potenziamento », qui sont pour la plupart dédiés à la première langue, en raison de sa primauté dans l’éducation de l’élève italien.

Les Alliances Françaises d’Italie déploient leurs actions pour la diffusion de la langue française et des cultures véhiculées dans cette langue en directe liaison avec les écoles. Les associations locales sont souvent animées par les professeurs de français qui en représentent le noyau constitutif des inscrits. Partout, une sorte de symbiose s’opère, entre le monde des professeurs et notre association, car nous sommes tous concernés par la même mission. C’est pour répondre à une demande spécifique des professeurs de FLE que les Alliances Françaises d’Italie, réunies dans une Fédération nationale, ont visé à des actions de formation dans les domaines de la pédagogie et didactique de la langue. Depuis 2006, la Fédération des Alliances Françaises d’Italie organise des « Journées pour le Français – JPF » en collaboration avec l’Ambassade de France – Institut Français d’Italie, sur tout le territoire national. Cet effort, uni à la diffusion capillaire des cours de langue française pour le public des adultes inscrits à l’association, nous a permis de devenir une Agence de formation FLE reconnue par le Ministère de l’Instruction Publique d’Italie (MIUR). Occasion pour la formation et la rencontre des collègues, les JPF ont engendré aussi une évolution de la Fédération des Alliances Françaises d’Italie, en tant qu’Agent de formation continue et de promotion du français. Depuis 2015, un travail acharné pour l’amélioration du dispositif des JPF et pour la définition d’un bouquet plus ample et varié de formations pédagogiques et didactiques s’opère quotidiennement, grâce aux activités d’un Comité Technique et Scientifique de la Fédération.

L’« Atelier de Recherche et pratique du FLE » représente pour la Fédération des Alliances Françaises d’Italie un aboutissement majeur de cette démarche, car en activant une collaboration et un partenariat de projet avec le DoRiF Université nous avons voulu ouvrir à la pratique quotidienne de classe le monde de la recherche universitaire. Trop souvent l’on entend l’adage d’une école attardée, qui applique dans les classes des théories désormais dépassées et désuètes ! Tandis que la recherche expérimente et décrit des faits nouveaux, l’école (les professeurs, les manuels, l’organisation didactique) reste immobile, ancrée au passé plus ou moins récent. Notre idée a donc visé à la création d’un pont entre l’école et l’université, pour un échange qui servirait des deux côtés, à l’école afin d’expérimenter de nouvelles théories et suggestions pédagogiques, et à la recherche pour vérifier sur le terrain, à travers l’expérimentation directe dans les classes des professeurs en formation, l’impact de ces nouveautés. L’échange se fait par une double rencontre : une journée dans l’école avec les chercheurs et professeurs de l’université qui apportent les nouvelles théories ; une journée de restitution dans l’université, où le travail de classe fait pendant l’année sera mis dans le contexte de la recherche.

Le premier « Atelier de Recherche et pratique du FLE » s’achève avec cette publication d’Actes, qui est faite par les experts de l’université, avec la participation et la valorisation des contributions de l’école. La Fédération des Alliances Françaises d’Italie que nous avons l’honneur de représenter tient à remercier tous ceux qui ont permis l’accomplissement de l’Atelier « Théâtre en classe de FLE » : Mmes Danielle Londei et Micaela Rossi, qui se sont succédé à la direction du DoRiF Université, les professeurs formateurs intervenus dans les journées de Rimini et de Oristano, Mmes Magali Boureux et Marie-Line Zucchiati et M. Yannick Hamon, les Alliances Françaises locales, représentées par Mmes Carla Fanchi (AF de Rimini), Michèle François (AF de San Marino), Matilde Merella (AF de Sassari) et M. Vincent Gerbe (AF de Cagliari), la graphiste Mlle Elise Cicognani qui a réalisé l’affiche des journées, toutes et tous les collègues qui ont participé aux travaux de formation.

Raffaele Romano (Président de la Fédération des AF d’Italie)
Giuseppe Martoccia (CTS – Fédération des AF d’Italie)

Per citare questo articolo:

Raffaele ROMANO, Giuseppe MARTOCCIA, Présentation de la Fédération des AF d'Italie, Repères DoRiF Ateliers Didactique et Recherches - Fédération Alliances Françaises d'Italie et DoRiF Università, DoRiF Università, Roma novembre 2019, http://dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=445

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