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Éric BORDAS

Les voix et leurs styles, entre ontotypes et sociotypes : phonétiques et prosodies d’une historicité

Éric Bordas
École Normale Supérieure de Lyon
eric.bordas@ens-lyon.fr

Résumé 

Matériau linguistique étudié par les phonologistes et concept métaphorique de la théorie littéraire, la voix est également un objet stylistique fondamental comme l’ont montré les travaux essentiels de Pierre Léon sur la phonostylistique. La stylistique française, exclusivement centrée sur la langue littéraire écrite, a manqué le rendez-vous théorique avec la voix. La sociostylistique, discipline en développement, se propose de la replacer au centre de ses interrogations de la réalisation des identités, en commençant par une étude des identités stéréotypées, ontotypes et sociotypes. Pour penser les styles collectifs indispensables à la cohésion sociale.

Abstract 

Linguistic Material studied by phonologistes and metaphoric concept of the literary theory, the voice is also a stylistic object fundamental as one shown Pierre Léon's essential works on the phonostylistique. The French stylistics, exclusively centered on the written literary language, missed the theoretical meeting with the voice. The sociostylistique, a discipline in development, suggests replacing it in the center of its questioning of the realization of the identities, by beginning with a study of the stereotypical identities, ontotypes and sociotypes. To think of the collective styles essential to the social cohesion.

Mon propos est très simple. Référent linguistique notoire étudié par les phonologistes et les phonéticiens, mais aussi, en tant que porteur de pathologies parfois, par les médecins et les phoniatres, et nom utilisé couramment selon une métaphore admise et banalisée en poétique littéraire pour désigner une énonciation (la voix poétique, les voix narratives, etc.), la voix est aussi un objet stylistique fondamental et déterminant, le plus décisif peut-être en matière de sociostylistique, cette option en développement théorique de la sociologie (et non de la stylistique littéraire française) qui étudie le style communicatif social (BORDAS 2016). Je parle ici de la vraie voix, la voix parlée, celle qui a inspiré à Pierre Léon sa théorie de la « phonostylistique », « étude de la variabilité phonique humaine et de sa perception en tant qu’information supplémentaire » à la signification de l’énoncé (2005 : 7), parallèlement aux réflexions d’Ivan FÓNAGY (1983) sur « le style vocal », dénomination synthétique pour désigner les quasi infinies manières de prononcer les mots et de phraser prosodiquement les séquences verbales pour s’exprimer.

Précisément, du fait de ces deux références théoriques majeures on peut juger ce rappel bien anachronique et inutile : la voix est un objet stylistique, en effet, et cela a été montré et travaillé par ces deux grands savants. Oui, mais il se trouve que ces propositions passionnantes n’ont guère suscité de développement dans les études stylistiques françaises. Parce que la stylistique française, même telle qu’elle s’est réinventée dans les années 1990 en bénéficiant des acquis salutaires de l’analyse du discours, mais en choisissant de restreindre d’une façon très discutable l’héritage fondateur de Bally et son travail général sur l’expressivité langagière (1951, 1952)1, est toujours irréductiblement restée une étude universitaire académique de « la langue littéraire » des grands auteurs, travaillant sur des textes écrits : la voix ne rentrait pas dans son champ, sinon par la métaphore poétique signalée. Comme, dans les années 2000, les quelques très marginaux efforts de Georges MOLINIÉ (2012) ou de Bernard VOUILLOUX (1997, 2015) pour introduire une démarche stylisticienne analytique dans l’histoire de l’art se concentraient sur les arts visuels, style vocal et phonostylistique n’ont jamais été travaillés par les stylisticiens français : tout au mieux, les questions pouvaient-elles être abordées dans le cadre d’une sémiotique de la communication.

La sociostylistique, elle, qui, je le répète, relève plus de la sociologie que de la stylistique (littéraire), discipline en développement, ne saurait faire l’impasse sur la question des voix telle que les ont interrogées Pierre Léon et Ivan Fónagy. En effet, option théorique de la sociologie de la communication, elle s’attache (ou s’attacherait, car c’est une discipline en création) à décrire les processus d’identification et de reconnaissance d’un groupe contextualisé et choisit d’envisager les formes retenues et proposées en termes de style : le style punk ou le punk comme style, le style écolo ou l’écologie comme style, le style gay ou une certaine pratique de l’homosexualité comme style (Foucault). On comprend que style est ici le nom donné à un phénomène très général découvrant une expérience révélant elle-même une structure d’intelligibilité du singulier, mais d’un singulier non individuel, mais collectif (les punks, les gays, les écolos) : non le stilus des latins (qui nous est plus familier à cause du Romantisme), mais le stylos des Grecs. Le style est le paramètre identifiant qui fait passer de la signification des faits au sens de l’expérience du sujet-groupe. On est dans une pensée sémiotique (du style comme indice), non seulement communicationnelle (tout est discours qui dit quelque chose sur le monde, tout est représentation : vêtements, décoration d’intérieur, etc.), mais même cognitiviste (les phénomènes singuliers n’existent que dans leur contextualisation avec l’ensemble, selon des modèles de prototypes disponibles permettant de les reconnaître et de les identifier).

La mise en discours des représentations identitaires, qu’il s’agisse des manières de se dire soi mais aussi d’être interpellé comme individu dans son identité nationale, sociale, sexuelle ou essentielle a été conceptualisée via les notions originales d’ethnotypes (l’Arabe, le Belge, le Rital) et de sociotypes (le bourge, le prolo, l’étudiant) (BRÈS 1993), mais aussi de sexotypes (le pédé, le macho, la camionneuse) et d’ontotypes (le beauf, le snob, la femme-enfant) (ERNOTTE & ROSIER 2000, 2004) : poreuses, labiles et non cloisonnées (certains ontotypes partagent leurs traits définitoires avec des sexotypes et des sociotypes, voire des ethnotypes), elles permettent d’étudier les reconfigurations et les identités en construction sociale, dans leur rapport aux phénomènes de stéréotypies relayées et construites par différents vecteurs médiologiques (les discours politiques, médiatiques mais aussi la littérature, le cinéma, la publicité, les sites Internet, les blagues, etc.)2.

Or il se trouve que chacun de ces repères identitaires a un trait de reconnaissance capital, et ce trait, c’est la voix du sujet qui est aussi voix du groupe – et rappelons, encore une fois, que telle est la base de la phonostylistique de Pierre LÉON, même sans ce vocabulaire : que l’on relise ses analyses de la voix de Brigitte Bardot, ontotype érotisable par nature même (2005 : 77-81). Mais qu’entendons-nous par « voix » en ce qui concerne une reconnaissance identitaire stéréotypée ? Dans cette perspective communicationnelle, « la voix » comme style est la combinaison d’un timbre, d’une prononciation, d’une articulation et d’un débit.

Passons rapidement sur le timbre de la voix, non qu’il soit secondaire, tout au contraire, mais parce que, en apparence, il semble naturel, donné par la vie et non déterminé et forgé par la culture et l’environnement social. Le timbre serait ce que l’individu a de plus irréductible en lui, issu de son corps, de plus singulier3, et se prêterait peu ou mal aux usages expressifs communs de la collectivité. En apparence, bien sûr, tant un timbre de voix peut être travaillé et modifié par des pratiques articulatoires, comme le font les chanteurs professionnels. Pour décrire le timbre d’une voix, le français standard des non-spécialistes use de métaphores (picturales) : un timbre de voix chaud ou froid, clair, sombre, coloré, profond ; on est dans la zone la plus incertaine de la connaissance, une zone qui se ramène à une pure sensation auditive et autorise toute la subjectivité de tous les jugements de valeur (« J’aime pas sa voix/J’adore sa voix »).

Les choses deviennent plus précises et plus objectivables, plus aisément descriptibles donc, avec les phénomènes de prononciation, d’articulation et de débit qui nous font passer de la voix pure comme timbre à la parole – comme on passe, en chant, de la vocalise, du mélisme, au mot. C’est-à-dire aussi, évidemment, quand le sémantique surgit comme réalisation sonore de la voix, avec des mots, des phrases : entendant une voix, on entend aussi du sens, et cela change tout. Là, ce ne sont plus des métaphores qui permettent de décrire ce que nous entendons, mais un mot qui résume tout, tant pour les spécialistes que pour les profanes : l’accent – on pense à une phrase de Balzac qui évoque cette propriété lexicale : « Cette parole, simple en elle-même, fut grande par l’accent de celui qui la disait, et dont la voix possédait comme un charme. N’est-il pas des voix calmes, douces, en harmonie avec les effets que la vue de l’outre-mer produit sur nous ? »4.

Sur cet accent linguistique et expressif comme support et vecteur de la voix, l’accent d’individuation, Ivan FÓNAGY, Pierre LÉON ou Philippe MARTIN (1976, entre autres) ont tout dit, et, à leur suite, on appelle « accent » sur le plan phonologique et/ou prosodique des phénomènes variés, la plupart du temps d’ordre phonique destinés à détacher telle ou telle syllabe avec différents aspects qui sont autant de valeurs signifiantes à fonction contrastive : insistance (faire durer un son), éclat (augmenter le volume de la voix), hauteur (hisser une syllabe au-dessus des autres). Dans certains cas, l’accent peut relever plutôt d’un marquage du rythme que de la prononciation phonétique, sollicitant alors une fonction culminative de l’accent pour insister sur les éléments importants du discours. Rappelons pour finir que pour décrire tous ces phénomènes expressifs singularisants, le français standard contemporain préfère souvent parler de « ton » que d’« accent » : le ton est ainsi une variable prosodique réalisée précisément par certaines accentuations libres, que le français standard distingue de l’accent, mot qu’il réserve à des reconnaissances vocales identitaires régionales (l’accent de Bordeaux, de Marseille) pour caractériser des ethnotypes5.

La voix comme accent, donc. Et la voix, donc l’accent, comme style en tant qu’espace et moment d’individuation identifiable en rattachement à un groupe social stéréotypisable ? La voix comme indice de la parlure, trace de l’origine6. En ce qui concerne la dialectique du groupe et de l’individu, souvenons-nous bien que l’accent d’un locuteur « est autant repérable comme signe d’appartenance que comme indication d’une distance » (FLEISCHER 2005 : 10) et que l’accent ne peut jamais être une signature individuelle – « seulement lorsqu’on peut dire de quelqu’un qu’il a un accent ‘‘indéfinissable’’… Nul ne peut se prétendre l’unique propriétaire de son accent », ajoute Alain FLEISCHER (ibidem), à moins de confondre voix, accent et manière générale de parler (choix du vocabulaire, etc.), ce qui est très différent. En effet, l’accent dans la voix, la voix de l’accent, rattache l’individu à un groupe (signe d’appartenance), ce qui signifie que, en même temps et par là même, elle isole cet individu d’autres groupes (indication d’une distance). L’accentuation dans la voix identifiée comme populaire, en ramenant le sujet ainsi identifié à son groupe d’origine l’exclut parallèlement du groupe social bourgeois.

Il y aurait donc, dans la voix, par l’accentuation, des styles sonores qui seraient des phonostyles permettant de reconnaître, comme parlure physique, une identité sociale – et historique, je vais y revenir. L’exemple français contemporain le plus incontestable, le plus évident, est certainement le phonostyle « jeune habitant de la banlieue d’une grande ville », exemple qui réunit l’ontotype, le sociotype et même l’ethnotype – et ethnotype à deux niveaux : banlieusard (par rapport à la grande ville) et arabe (par rapport à la langue française) ; même si tous les sujets concernés ne sont pas nécessairement d’origine étrangère, le phonostyle banlieusard est désormais tellement façonné par des prononciations et accentuations inspirées de la langue arabe que l’identification en forme de caractérisation résomptive est inévitable. Phonostyle national français qui écrit une page d’histoire, mais qui ne doit en rien oublier les variables régionales dont je parlais précédemment quand se rajoute un troisième ethnotype, par exemple l’accent marseillais pour les habitants des quartiers Nord de la ville phocéenne.

Cet exemple de style vocal particulièrement caractérisé pose également la question de son historicité en ce qu’il est inséparable d’une pensée des sujets de discours (dont il est l’expression) dans l’histoire. À relire aujourd’hui les travaux d’Ivan FÓNAGY et de Pierre LÉON, c’est là le seul reproche que l’on puisse leur adresser : l’impasse sur la question de l’historicité des sujets parlants, la présentation excessivement synchronique de ce qui n’existe que dans la diachronie. Car les styles vocaux, comme tous les styles – sans quoi ce ne sont pas des styles –, évoluent et se modifient régulièrement avec le temps.

On s’en rend très bien compte, au moins pour le XXe siècle grâce aux enregistrements. Je pense à ce style incroyablement daté des voix des années 30, 40 ou 50. Il ne s’agit pas que des timbres, toujours à la merci des techniques d’enregistrement et notoirement prisonniers de certains spectres sonores difficiles à apprivoiser : il s’agit également de l’accentuation, de la respiration, de l’articulation, tout comme du niveau de langue général qui constitue comme la caisse de résonance de la voix qui parle. Le sociotype « prolo français » du XXe siècle a été stéréotypé par les représentations du cinéma populaire ou de la chanson dans la prononciation du parisien (du parigot, plus exactement) grande gueule : les voix et les accents de Jean Gabin ou Arletty sonnent immédiatement à la mémoire de nos oreilles pour figurer une présence imaginaire mais qui a servi d’identification. Les voix et les accents du Front populaire en quelque sorte, synecdoques d’une identité de la nation française, avec la gouaille et la vivacité d’esprit qui transformaient le style vocal en style d’existence et manière d’être. Ces représentations servaient de repère d’identification pour un stéréotypage : nul ne saurait penser que tous les ouvriers français parlaient comme les acteurs de ces années qui incarnaient le peuple à l’écran ou à la radio ; mais elles opéraient comme des propositions stylistiques. Le sociotype « prolo français » du XXIe siècle s’est déplacé avec la société tout entière, de Paris centre vers la banlieue, et, on l’a dit, s’est entièrement métissé par l’importance et l’évolution de l’immigration : aujourd’hui, le phonostyle de ce sociotype sonne avec toutes les variables accentuelles, phonétiques et prosodiques de l’arabe dans le français (et non le français dans l’arabe), et pour cause. Ce qui n’empêche pas, d’ailleurs, les régionalismes français accentuels de perdurer, en plus, comme une sorte d’accent dans l’accent, mais ce qui a modifié en profondeur les représentations et les identités en suivant le cours de l’histoire politique et économique.

Ce pourquoi les styles vocaux sont absolument des documents d’historicité de première importance et c’est à ce titre qu’ils doivent être étudiés, voire répertoriés, ce à quoi peuvent servir les repères des sciences de la communication avec ces catégories typologisantes qui ont le tort de trop ramener certains styles vocaux à des identités de personnes, quand il s’agit, parfois, de fonctions : le travail de Pierre LÉON et Parth BHATT sur le style des présentateurs de radio et de télévision des années 70 (Léon ZITRONE, etc.) (LÉON 2005 : 164-66), sociotype sans doute, est à refaire pour la période contemporaine ; les conclusions descriptives seraient certainement très différentes tant la mise en scène de l’ethos individuel s’est modifiée dans le sens d’une proximité de langage avec l’auditoire que la voix traduit aussi et surtout.

Ce dernier exemple rappelle également et surtout que le style vocal, comme tous les styles, participe d’une autoreprésentation indispensable pour se penser et s’imposer. L’autoreprésentation, qui est aussi une autodéfinition, se montre à travers diverses réalisations du style du groupe (sociostyle), dont la plus manifeste est la stylisation. « Il y a stylisation lorsqu’une catégorie socialement pertinente est mise en relief au moyen de styles-types, fortement accentués avec des moyens stylistiques, ou bien lorsque des styles standardisés sont utilisés pour une représentation exagérée ou déformée. La stylisation se base toujours sur un style ; elle joue avec, elle le déforme, elle le distancie, bref elle utilise le style pour créer une signification nouvelle, pour représenter quelque chose » (KLAEGER 2007 : 31). Telle est la raison pour laquelle les styles vocaux stylisés sont aussi éminemment caricaturables, imitables, pastichables quand ils deviennent des sociostyles. Se référant à quelques sociotypes et ontotypes disponibles pour proposer des constructions à partir de représentations, la stylisation, activité volontaire et démonstrative, est en somme un faisceau d’actions observables qui sont réalisées pour obtenir une autoprésentation cohérente, de soi (dans ce que l’on accepte), de l’autre (dans ce dont on se distingue). Et l’on parle ainsi « comme tout le monde » pour être soi-même.

Je redirai pour conclure tous mes regrets devant les choix de la Sorbonne des années 1980 et 1990 (ne parlons pas de celle des années 1950 et 1960 qui avait conduit à la « mort » de la stylistique diagnostiquée par Michel ARRIVÉ [1969]) qui a oublié la phonostylistique de Pierre LÉON et les théories du style vocal de Ivan FÓNAGY, trahissant encore un peu plus ainsi la linguistique de l’expressivité que devait être la stylistique voulue par Charles BALLY. Cette phonostylistique des styles vocaux pourrait pourtant être aujourd’hui à la base d’une sociostylistique à théoriser, et l’un de ses intérêts serait de penser (enfin !) les styles collectifs, les styles de groupes, comme la sociologie a appris à interroger les modes de vie en tant que pratiques stylisables. En outre, et surtout, au-delà d’une quelconque discipline théorique pour rationaliser les analyses et les pratiques d’étude, l’attention aux voix comme style et au style des voix découvre une historicité sensible du contemporain qui dessine et recouvre dans des formes individuelles (la voix de X, la voix de Y) tout le spectrogramme sociogrammatique d’une époque, un spectrogramme éminemment politique. Ce serait là de la science responsable et engagée : est-ce un oxymore ?

Références bibliographiques 

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1
Pour une synthèse analytique sur l’œuvre de Bally et en particulier sa linguistique de l’expressivité, voir CUREA (2015).

2
Voir plusieurs études réunies aux parties quatre et cinq de BORDAS & MOLINIÉ (2015).

3
« Une voix, c’est du corps hors du corps », selon MESCHONNIC (1997 : 28) : c’est surtout vrai du timbre de la voix.

4
L’Envers de l’histoire contemporaine, in BALZAC, La Comédie humaine, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1976-1981, t. VIII, p. 219.

5
Voir GASQUET-CYRUS (2010).

6
P. LÉON aimait rappeler que dans My Fair Lady, le professeur Higgins « se targue de pouvoir donner, d’après le son de sa voix, l’origine sociale et géographique de n’importe lequel de ses compatriotes » (2005 : 80).

Per citare questo articolo:

Éric BORDAS, Les voix et leurs styles, entre ontotypes et sociotypes : phonétiques et prosodies d’une historicité, Repères DoRiF n. 15 - Au prisme de la voix. Hommage à Pierre Léon - coordonné par Enrica Galazzi et Laura Santone, DoRiF Università, Roma mars 2018, http://dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=374

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