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Wladyslaw CICHOCKI

Profil temporel du groupe rythmique en français acadien : variabilité stylistique

Wladyslaw Cichocki
University of New Brunswick
cicho@unb.ca

Résumé

Cet article propose une comparaison du rythme en français acadien dans deux styles de parole : le style lu et le style spontané.  L'application de deux mesures quantitatives du rythme liées au groupe rythmique (GR) – le nombre de syllabes par GR et la métrique rythmique nPVI – montre que le rythme du GR joue un rôle significatif dans la variabilité stylistique. La corrélation entre ces deux mesures quantitatives met en évidence le fait que la fréquence relative des GRs à une syllabe est aussi une source non négligeable de variabilité stylistique.

Abstract

This article is a comparison of rhythm in reading and spontaneous speech styles in Acadian French. Two quantitative measures of rhythm based on a prosodic unit called the rhythmic group (RG) – the number of syllables per RG and the nPVI rhythm metric – are applied and show that there are significant rhythmic differences between the speech styles. A correlation between these quantitative measures leads to the observation that the relative frequency of one-syllable RGs is a noteworthy source of stylistic variability.

1. Introduction

Dans un ouvrage important intitulé Phonétisme et prononciations du français, Pierre LÉON (2007: 158) définit le groupe rythmique comme une suite de syllabes dont la dernière porte un accent démarcatif. Afin d`illustrer ce phénomène, Léon fait appel à la poésie :

Ron’sard / me célé’brait / du ‘temps / que j’étais ‘belle /

Dans cet exemple, on note que les groupes rythmiques (GR), séparés par des barres obliques, sont assez courts et qu’ils correspondent à des unités syntaxiques simples telles que sujet, verbe et complément. Les syllabes ayant une proéminence – -sard, -brait, temps, belle – semblent suivre un timing assez régulier et donnent l`impression d’un ensemble structuré. Dans chacun des groupes, les syllabes qui précèdent la syllabe qui a une proéminence sont inaccentuées et ont elles aussi un timing spécifique. Ensemble, ces éléments de timing, proéminence et structure, contribuent à l'organisation temporelle qu’on appelle généralement le rythme. On peut analyser ces éléments non seulement en poésie mais aussi dans d’autres styles de parole incluant la lecture. L'unité qui est le GR est connue sous des noms différents – mot prosodique, pied accentuel, phrase accentuelle, phrase phonologique, syntagme accentuel – et elle sert de point de départ aux discussions portant sur le rythme et sur l'intonation (MARTIN 1987, JUN et FOUGERON 2002).

LÉON (2007) mentionne plusieurs études phonétiques, réalisées pendant les années 70 et 80, qui présentent des analyses du rythme dans différents styles de parole. La mesure utilisée pour quantifier le rythme dans ces études est le « nombre de syllabes par GR », parfois aussi appelée la « taille du GR ». En général, les recherches montrent que le GR est plus long en parole spontanée qu'en lecture (ASTÉSANO 2001) et que la variation stylistique est importante. Léon rapporte que « le phonostyle du conte de fées comporte de 1,5 syllabes pour Fónagy et varie chez Carton de 3,5 à 8,79 ». Il se demande avec une pointe d’humour : « Les uns étaient-ils des contes pour réveiller et les autres pour endormir ? » (LÉON 2007: 160).

Depuis 2000, les phonéticiens analysent le « timing » de la parole à partir de métriques rythmiques. Ayant accès à des logiciels qui analysent la parole automatiquement, ils mesurent – en millisecondes – la durée des intervalles (intervalles vocaliques, consonantiques ou syllabiques) dans la parole et cherchent à comprendre la nature de la variation dans cette durée. Certaines métriques, qualifiées de « globales », quantifient la variation temporelle dans tout l'énoncé (Ramus et al. 1999), alors que d'autres, appelées « locales », mesurent la variation de la durée entre des intervalles consécutifs (GRABE et LOW 2002). Dans plusieurs analyses mettant en jeu des métriques, le but est de comprendre la distinction classique entre rythme accentuel, rythme syllabique et rythme moraïque. Les métriques connaissent un certain succès quand il s’agit de faire ressortir les différences entre ces trois types rythmiques mais elles ont aussi des limites qui font l'objet de plusieurs critiques (ARVANITI 2012).

Quoique la majorité des applications de métriques rythmiques mesurent la durée des intervalles vocaliques et consonantiques, un petit nombre examine la durée des GRs. Nolan et Asu (2009) montrent que la variation dans la métrique nPVI-GR – une métrique locale qui quantifie la régularité de la durée entre GRs consécutifs – permet de distinguer entre l'anglais, l'espagnol et l'estonien. Obin et al. (2012) appliquent la même métrique à la classification de neuf variétés de français. À partir de l’analyse d’un texte lu par 36 locuteurs, ces auteurs montrent que cette métrique permet d’établir un continuum entre au moins trois types de variétés : celles qui sont en contact (en Suisse allemande et au Sénégal), le français « de référence » ainsi que les variétés qui sont peu ou faiblement marquées relativement à cette variété normative (comme à Paris, Lyon ou Genève), et les variétés fortement marquées de français régional (comme à Liège ou à Neuchâtel). Signalons que ces études sont basées sur des données de lecture et n’établissent aucune comparaison stylistique entre les variétés.

Dans l’étude présentée dans cet article, nous nous intéressons à la comparaison du rythme dans deux styles, la lecture et la parole spontanée. Pour ce faire, nous utilisons les deux mesures discutées précédemment, soit la métrique traditionnelle – la taille du GR employée par la génération de Léon – et la métrique rythmique contemporaine, nPVI-GR. Notre corpus est constitué de données d'une variété de français acadien parlé dans l’une des régions du Canada atlantique. Notons que le français acadien est l'un des deux grands dialectes du français parlé au Canada. Le français acadien est souvent moins bien connu que l’autre dialecte de français canadien, le français laurentien, dont fait partie le français québécois. Il est important de souligner que ces deux variétés de français ont des origines linguistiques et historiques différentes.

Dans la présente étude, nous nous proposons d’examiner deux hypothèses relatives aux différences dans le rythme dues au style. La première met en jeu les résultats de plusieurs études mentionnées dans LÉON (2007), à savoir que les GRs sont plus longs en parole spontanée qu'en lecture. À partir de ces études, nous postulons que les valeurs syll/GR seront plus élevées en parole spontanée. La deuxième hypothèse propose que la durée des GRs montre plus de variabilité en parole spontanée qu'en lecture ; c’est-à-dire que les métriques nPVI-GR seront plus élevées en parole spontanée. Les quelques études (ARVANITI 2012, par exemple) qui comparent les deux styles qui nous intéressent, lecture et parole spontanée, montrent que la variabilité dans la durée des intervalles vocaliques et consonantiques est plus grande en parole spontanée.

2. Méthodologie

Les données utilisées proviennent du corpus PFC-Tracadie, une collection d’entrevues réalisées selon le protocole du projet international « Phonologie du français contemporain » (www.projet-pfc.net). Ce projet vise la mise sur pied d’une base de données orales portant sur le français au sein de l’espace francophone (DETEY et al. 2016). Les entrevues du projet PFC menées à différents points d’enquête suivent le même protocole sociolinguistique qui permet de colliger des données de différents styles de parole. Deux des styles inclus dans nos données colligées à partir du protocole PFC font l’objet de l’analyse présentée dans cet article, soit la lecture – le locuteur lit un texte – et la parole spontanée – le locuteur raconte une histoire personnelle.

Le corpus PFC-Tracadie a été recueilli auprès de douze locuteurs francophones natifs de la région de Tracadie dans le nord-est du Nouveau-Brunswick au Canada (voir CICHOCKI 2014 pour plus de détails). Ce corpus est stratifié selon l’âge des locuteurs : quatre jeunes adultes (âge moyen de 23,5 ans), quatre adultes (41,6 ans) et quatre adultes seniors (76,3 ans) et selon le sexe : deux femmes et deux hommes dans chacun des trois groupes d’âge.

Les analyses présentées dans cet article portent sur 10 des 21 phrases d’un texte de lecture et sur deux à trois minutes de parole spontanée, et ce pour chacun des locuteurs. Toutes les pauses, hésitations et reprises contenues dans ces enregistrements ont été éliminées. Le corpus analysé est constitué d’environ 34 minutes de parole. La segmentation en voyelles et en consonnes a d’abord été faite à l’aide du programme EasyAlign et elle a ensuite été complétée par une correction manuelle sur Praat. Deux locuteurs natifs ont identifié les GRs auditivement. Le nombre total de GRs analysés est de 2 349, soit 1 112 en lecture et 1 237 en parole spontanée.

La durée de chacun des GRs a été mesurée à l’aide de scripts sur Praat. La métrique rythmique a été calculée avec Mathlab. Le calcul de la métrique nPVI-GR correspond à la mesure de PVI ; il s’agit de mesurer les différences entre la durée de deux GRs consécutifs et de faire une normalisation qui tienne compte des différences de débit. Cette normalisation est basée sur la durée moyenne des deux GRs. En termes mathématiques, la définition de cette métrique est la suivante :

nPVI = ∑ (|dk – dk+1| / ((dk + dk+1)/2)))

dk etdk+1 sont les durées du k-ième et du k+1-ième GR ;

k(1,N) où N est le nombre total de GRs dans les données lues ou dans les données spontanées de chaque locuteur.

3. Résultats

Voyons d’abord quelques observations préliminaires. La durée moyenne des GRs est plus courte en parole spontanée qu’en lecture (667,3 ms vs. 824,0 ms). Un test ANOVA indique que cette différence est significative. Les vitesses d’articulation (« articulation rate », mesure du débit excluant les pauses et les hésitations) montrent que la parole spontanée est légèrement plus rapide que la lecture (5,2 vs. 4,8 syll/sec), bien que cette différence ne soit pas significative (p<0,171).

Les figures 1 et 2 présentent la quantification du rythme selon les deux mesures qui nous intéressent. La figure 1 montre une comparaison des deux styles de parole selon le nombre de syllabes par GR. On note qu’en style spontané, les GRs sont plus courts qu’en lecture : 3,34 vs. 3,71 syllabes/GR. Un test ANOVA (à mesures répétées) indique que cette différence est significative (p<0,016).

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Figure 1 : Le nombre moyen de syllabes par GR selon le style (les barres indiquent l’intervalle de confiance de 95% autour de chaque moyenne)

La métrique rythmique nPVI-GR, qui mesure la variabilité dans la durée des GRs, montre aussi une différence entre les deux styles. Selon les résultats montrés à la figure 2, la variabilité dans la durée des GRs est plus élevée dans le langage spontané qu’en lecture : 48,3 vs. 61,8 (ANOVA mesures répétées, p<0,002).

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Figure 2 : Les métriques nPVI-GR moyennes selon le style (les barres indiquent l’intervalle de confiance de 95% autour de chaque moyenne)

4. Discussion

Les résultats montrent qu’il existe plusieurs différences quantitatives en ce qui a trait au rythme entre les deux styles de parole. Afin de comprendre comment les deux types de mesure à l'étude contribuent à l’analyse des facteurs stylistiques qui affectent le rythme, examinons de plus près les deux hypothèses de départ.

4.1 Les deux hypothèses

La première hypothèse vise la taille des GRs. Cette hypothèse suggère que les GRs devraient être plus longs en parole spontanée qu’en lecture ; c’est dire que les valeurs « syllabes par GR » seront plus élevées en spontané.

Les résultats présentés à la section 3 montrent que, selon nos analyses, le contraire est vrai : en parole spontanée les GRs ont moins de syllabes qu’en lecture – soit 3,34 vs. 3,71. Notons qu’en français acadien, la taille des GRs est semblable à la taille des GRs observée dans d’autres variétés de français. Selon plusieurs chercheurs (FÓNAGY et FÓNAGY 1976, WENK et WIOLAND 1982, LUCCI 1983, FLETCHER 1991, ASTÉSANO 2001) les GRs du français sont relativement courts – entre trois et quatre syllabes. Par exemple, AVANZI (2014 : 314) rapporte des moyennes qui varient selon la région. D’après ses données, les locuteurs de Paris ont des GRs plus longs (3,61 syll/GR) que les locuteurs de Bruxelles et que ceux de Lyon (3,17 syll/GR).

Nos résultats, à savoir que les GRs en parole spontanée ont moins de syllabes par GR qu’en lecture (soit 3,34 vs. 3,71), sont cependant semblables à ceux de Lucci (1983) qui rapporte que le style de lecture a des GRs plus longs que la conversation. C’est donc dire que les résultats obtenus à l’aide du premier type de mesure ne sont pas tous semblables : ceux de LUCCI (1983) et les nôtres sont en opposition avec ceux de FÓNAGY et FÓNAGY (1976) et D’ASTÉSANO (2001). Cette contradiction dans les résultats est peut-être due à la différence entre les corpus analysés ou encore à d’autres facteurs non examinés. Cependant, ce qui semble clair est que la mesure quantitative utilisée dans ces études capte une différence rythmique entre les deux styles de parole.

La deuxième hypothèse qui nous intéresse veut que la durée des GRs montre plus de variabilité en parole spontanée qu’en lecture ; c’est dire que les valeurs de la métrique nPVI-GR seront plus élevées en parole spontanée. Nos résultats présentés à la section 3 appuient cette hypothèse. Cependant, il nous est impossible de comparer ces résultats à ceux d’études précédentes puisque, à notre connaissance, il n’existe aucune autre étude qui utilise cette métrique dans l’analyse du rythme dans différents styles de parole.

On note toutefois que les valeurs acadiennes pour cette métrique correspondent aux valeurs de certaines autres variétés de français. En effet, le tableau 1 présente les mesures nPVI de GRs montrées dans l’étude de Obin et al. (2012) ; bien que ces auteurs parlent de « syntagmes accentuels » et non de GRs, leurs mesures sont basées sur le même texte de lecture de PFC que nous avons utilisé. D’après les résultats au tableau 1, les données acadiennes en lecture (nPVI-GR moyen de 48,3) ressemblent à celles des variétés en contact (entre 38 et 47).

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Tableau 1 : Les mesures nPVI pour les groupes rythmiques en lecture selon la région (Source : OBIN et al. 2012)

4.2 La relation entre les deux mesures

Une corrélation entre les deux mesures rythmiques est présentée à la figure 3. Dans cette figure, chaque point représente un locuteur dans l’un des deux styles de parole. On observe que la relation entre les deux mesures est différente selon le style. En lecture (figure 3, points ronds), on observe une association linéaire et croissante : plus le GR est long, en d’autres mots plus il y a de syllabes par GR, plus il y a de variation dans la durée des GRs. La ligne de régression montre que cette relation est assez régulière même si elle n'est pas très forte (la valeur de r2 est de 21,6%). Par contre, en parole spontanée (figure 3, petits triangles), l'association est très faible (la valeur de r2 est de 1,3%). En plus, la ligne de régression semble indiquer une relation indirecte : plus le GR est long, c’est-à-dire que plus il y a de syllabes par GR, moins il y a de variation dans la durée des GRs.

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Figure 3 : La corrélation entre les deux mesures rythmiques pour les deux styles de parole (Chaque point représente un locuteur.)

On doit se demander ce qui est à l'origine de cette différence stylistique. Nos résultats offrent un élément de réponse à cette question. La figure 4 montre les profils des deux styles de parole selon la mesure traditionnelle ; il s'agit de la fréquence relative des différents types de GRs (GRs à une syllabe, à deux syllabes, à trois syllabes, etc.). D’après la figure 4, les pourcentages des différents types de GRs sont très similaires dans les deux styles.

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Figure 4 : La fréquence relative (en %) de chaque type de GR selon le style

On note cependant quelques différences dont l’une est le pourcentage de GRs à une syllabe qui est nettement plus élevé en spontané qu'en lecture (environ 20% vs. 9%). Cette différence a des répercussions sur le calcul des deux métriques. D'une part, un nombre important de GRs à une syllabe a un effet négatif sur le nombre moyen de syllabes par GR. Ce phénomène rend compte du fait que le taux de syllabes par GR est plus bas en spontané qu'en lecture. D'autre part, un taux important de GRs à une syllabe contribue à augmenter la variation dans la durée des GRs. Rappelons que la métrique nPVI est sensible à la durée des GRs. Un nombre important de GRs à une syllabe – qui sont en général plus courts que les GRs à plusieurs syllabes – augmente la valeur du numérateur (|dk - dk+1|) de la métrique et diminue la valeur du dénominateur ((dk + dk+1)/2). L'effet net est une augmentation de la métrique, ce qui indique plus de variabilité dans la durée des GRs.

Un examen attentif des GRs à une syllabe montre que les GRs les plus fréquents sont pis, oui, ben, mais, c'est, (ça) fait. Il s’agit là de formes qui assurent la cohésion discursive en parole spontanée (voir AMRANI et ALAWODE 2000). C’est donc dire que la plus grande variabilité dans la durée des GRs en spontané est due à un facteur discursif. Soulignons que c’est grâce à la mesure traditionnelle qu’il nous a été possible de mettre en lumière ce phénomène intéressant.

Un dernier point digne d'intérêt et montré à la figure 3 est la grande variation entre les locuteurs et ce, dans les deux styles. En lecture comme en spontané, les valeurs des deux métriques ont des distributions larges comme le montre la distribution horizontale et verticale des points. On sait que parmi les critiques formulées relativement aux métriques rythmiques, la grande variabilité dans les scores individuels en est une des plus fréquentes. Il est parfois suggéré que cet instrument, la métrique rythmique, n'est pas suffisamment sensible et ne permet pas de bien mesurer le rythme. Étant donné que la mesure traditionnelle montre elle aussi une grande variabilité entre les locuteurs, on peut suggérer que cette variabilité n’est pas due à l’instrument mais plutôt qu’elle est inhérente au rythme de la parole. D'autres facteurs peuvent aussi expliquer cette variabilité qui mérite d’être examinée plus précisément dans des analyses subséquentes.

5. Conclusion

En somme, en français acadien, le rythme du GR joue un rôle significatif dans la variabilité stylistique. En style spontané, le GR est plus court qu'en style lu. La durée du GR est aussi plus variable en style spontané qu'en style lu.

La présente étude montre aussi que la mesure rythmique traditionnelle, soit le nombre de syllabes par GR – outil important des phonéticiens de la génération de Pierre Léon – est complémentaire aux métriques rythmiques utilisées aujourd'hui. Cette mesure traditionnelle ajoute des éléments intéressants à l'explication de la variabilité temporelle observée par les métriques rythmiques. Par ailleurs, l'application des métriques rythmiques, comme par exemple nPVI, aux unités prosodiques comme le GR mériterait d’occuper une place plus importante dans la recherche actuelle sur le rythme qui est concentrée presque exclusivement sur l'analyse de la durée des intervalles vocaliques et consonantiques. L’intégration de ces deux types de mesure nous permettrait peut-être d’examiner de plus près la question des « contes pour réveiller » et des « contes pour endormir » soulignée par notre collègue et ami Pierre Léon.

Remerciements

Cette recherche a été rendue possible grâce à l'appui matériel et financier du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada et de la University Research Fund de l'Université du Nouveau-Brunswick.

Références bibliographiques

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Per citare questo articolo:

Wladyslaw CICHOCKI , Profil temporel du groupe rythmique en français acadien : variabilité stylistique, Repères DoRiF n. 15 - Au prisme de la voix. Hommage à Pierre Léon - coordonné par Enrica Galazzi et Laura Santone, DoRiF Università, Roma mars 2018, http://dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=396

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