Versione stampabile

Sandra TESTON-BONNARD

Étude linguistique des hétéro-répétitions ‘‘à l’identique’’ (ou presque) dans des contextes interactionnels

Sandra Teston-Bonnard
Université Lyon 2
ICAR UMR 51911
sandra.teston-bonnard@univ-lyon2.fr

Résumé

Les réalisations répétitives à l’oral non préparé sont produites selon différents formats : quand les linguistes les décrivent morphologiquement et syntaxiquement, les modules micro-syntaxique et macro-syntaxique peuvent être activés utilement et permettent l’observation de leurs propriétés formelles.
Nous choisissons ici de décrire les contextes d’apparition de quelques productions de répétitions de segments identiques (ou presque) par un interlocuteur -vs locuteur- (i.e. « hétéro-répétitions ») dans le cadre d’une syntaxe à deux modules en articulation avec les approches interactionnelles. En effet celles-ci remplissent différentes fonctions comme des emplois d’intensité, de renforcement, de changement de perspective énonciative, etc., ou encore elles permettent de délimiter une période thématique dans laquelle les participants co-construisent du sens. L’analyse conduira à un « typage » des séquences interactionnelles ou des noyaux.

1. Introduction : problématique de la répétition à l’identique

Les réalisations répétitives à l’oral non préparé sont produites selon différents formats : des auto ou hétéro-répétitions2 (HENRY 2002 ; PALLAUD, HENRY 2004) à l’identique, ou avec modifications - modalisations, expansions -, de manière contingente ou différée, ou encore des auto ou hétéro-reformulations paraphrastiques et synonymiques (PICOCHE, in KARA 2007 : 296).

L’étude présente se focalise sur un format particulier, l’hétéro-répétition sans modifications (ou avec le moins de modifications possible) lors de la reprise, ce qui correspond à un segment répété « identique » au segment source, tel que :

(1)
LAU la région post- labiale ou:
CLA ((rire))
LAU ou truc dans l` genre là/
CLA ((rire))
JUL ouais truc dans l` genre
((rire))
CLA hm hm hm3

(2)
JUL c'est comme le [vélov ]
LAU [tu prends] en fait c'est comme un vélov mais tu prends
une voiture quand tu veux (.) dans un parking la lyonnaise auto
JEA mais tu dois réserver quand même avant/ ouais
LAU [tu dois réserver mais tout façon] `fin [si:] veux tu veux réserver même
euh: une heure à l'avance c'est bon quoi
JUL [(inaud.)] [ouais]
JEA ouais

(3)
JUL ben ça dépend en fait c` que tu en fais hein/ tu peux faire de
l'enseignement si tu veux/ tu peux faire euh: `fin moi par exemple
j` vais plutôt essayer de rentrer en communication médiation/
JEA quoi dans quoi/ `fin:: communication médiation euh/

(Clapi, apéritif entre amis)

Il nous faut cependant définir plus précisément ce qu’est la répétition à l’identique, et poser l’idée qu’elle est sûrement impossible. Comme le souligne Prak-Derrington (PRAK-DERRINGTON 2008 : 252) : « le seul fait de répéter implique un changement de perspective énonciative ».

Par ailleurs, il est évident que le changement d’intonation, et toute autre modification prosodique réalisée presqu’obligatoirement lors de la répétition d’un segment verbal, induit que le segment répété n’est plus vraiment le même que le segment source.

C’est aussi ce que rappelle Vion (2006) :

Le terme " répétition " nous paraît plus problématique dans la mesure où, focalisant le regard sur l’identité formelle de deux segments discursifs, il occulte le fait que, produits à des moments distincts, ils ne sauraient avoir les mêmes valeurs. Le terme "reformulation" couvre, quant à lui, tout un éventail de situations qui, selon le degré de proximité sémantique, s’échelonnent des " reformulations paraphrastiques " aux " reformulations non paraphrastiques ".

Mais si Prak-Derrington estime que « Il existe deux types fondamentaux de répétition verbale : la répétition comme reprise du sens et la répétition comme reprise du matériau formel » (id.), il est en fait difficile de distinguer ces deux « types » ainsi puisque cela pourrait sous-entendre que la reprise du sens ne serait pas compatible avec la reprise du matériau formel, alors que les deux types supposés se superposent. Prak-Derrington précise bien qu’il existe

la répétition comme reprise du sens avec un autre matériau formel, et la répétition comme reprise du matériau formel. Répéter, c’est soit redire autrement (avec d’autres mots), soit ne pas redire autrement, mais au contraire à l’identique (avec les mêmes mots). (id.)

Cependant, malgré cette précision, nos observations et analyses sur des corpus de la langue parlée montrent que le critère « même matériau formel ou figural » est malaisé à valider, étant donné que, outre l’intonation et le plan énonciatif, il n’est composé que très rarement du même matériau formel. La plupart du temps (ou est-ce tout le temps ?) la répétition « simple » correspond toujours à quelque chose qu’on re-dit autrement.

Ainsi, reprenons nos trois exemples ci-dessus : on observe dans le 1) que le segment un truc dans le genre est répété sur un rire, et donne un message différent, un commentaire de dérision sur les terminologies spécialisées, par rapport au un truc dans le genre du premier locuteur qui montre simplement que celui-ci ne se rappelle pas très bien le terme exact.

Dans le 2) le locuteur reprend tu dois réserver et accepte cette allégation mais en la nuançant fortement (tu dois réserver mais tout façon `fin si: veux tu veux réserver même euh: une heure à l'avance c'est bon quoi).

Dans le 3), la reprise de communication médiation semble permettre à l’interlocuteur de réfléchir sur le contenu de cet enseignement dont lui parle son locuteur, qui, lui, semble certain de savoir de quoi il s’agit.

Chaque fois, il s’agit bien de redire autrement avec, pourtant, les mêmes mots. La répétition, avec les mêmes matériaux, i.e. « à l’identique », ne serait-elle qu’une catégorie de reformulation, et serait-il alors non pertinent, non conforme à la réalité de la langue, de les opposer en deux groupes distincts ?

Selon nous, il est plus intéressant de considérer le phénomène de reformulation constitué de différents sous-groupes, dont l’un se réalise par la répétition simple, à l’identique.

Ceci étant posé, il est important d’examiner les rôles spécifiques que joue ce sous-type de reformulation : produite dans un format particulier avec un matériau formel (presque) identique, sa réalisation induit une intentionnalité accompagnée d’effets singuliers qui sont à distinguer des autres sous-types de reformulation.

Le cadre théorique qui sous-tend l’analyse proposée, l’Approche Pronominale (AP, perspective syntaxique de l’école aixoise de Blanche Benveniste et collègues, BLANCHE- BENVENISTE 1987, 1990, 1997) sera articulée avec une approche interactionnelle, que nous exploiterons plutôt dans la lignée de C. Kerbrat-Orecchioni (KERBRAT-ORECCHIONI 1990) sur les fondements de la Linguistique du Discours en Interaction (LDI) que de l’Analyse Conversationnelle (AC, SCHEGLOFF 1992 , 1997 ; MONDADA 1999) qui nous semble ouvrir moins d’accès à une analyse articulée avec d’autres approches4.

La problématique envisagée ici prendra la forme de certaines questions cruciales :

Les répétitions à l’identique sont-elles compatibles avec des opérations de reformulation au sens de Clinquart (CLINQUART 1996 : 153) « […] la reformulation (ou la reprise) est le phénomène par lequel une séquence discursive antérieure est reprise au cours d'une même interaction, inférant ainsi un changement de perspective énonciative », affirmation qui, selon Prak-Derrington, « suspend la dichotomie reprise/reformulation ». (PRAK-DERRINGTON 2008 : 2) et va dans le sens de ce que nous venons de proposer.

Mais devons-nous tout de même tenir compte d’une dichotomie reprise/reformulation pour laquelle on poserait que les valeurs de correction, de précision, d’explication… (opération de correction sémantique, construction du référent, CHANET, 2005) ne vaudraient que pour la reformulation et non pour la reprise simple ?

Or, dans l’exemple 2) ci-dessus la réponse est non.

De la même manière, il sera possible d’intégrer dans le phénomène de répétition à l’identique, une reformulation qui constitue une synthèse d’énumérations, une conclusion, une résomption d’information (voir le concept de gestion des tâches discursives, CHANET, 2005)5.

Si l’on pose la question autrement, la répétition sous forme de reprise à l’identique peut-elle être reformulante, aux sens où l’entendent les différents auteurs de la littérature (cités dans nos références), ou a-t-elle des rôles bien spécifiques ?

Si certaines formes de répétition, dont la répétition à l’identique, peuvent être appréhendées comme mouvements de reprises non reformulantes, un consensus sur la définition même de « reformulation » doit être établi.

2. Périmètres et définitions de la reformulation-répétition

Qu’entend-on par reformulation pour la contribution présente, et quelle définition retiendra-t-on ?

Les critères de distinction qui permettent de discriminer les contenus des termes répétition, reformulation, reprise, ou imitations établissent des périmètres aux frontières parfois floues, et donnent des définitions qui se recoupent.

Dans les corpus étudiés6 nous relevons des reformulations avec le sens de « re-dire le message d’une autre manière », dire qui peut comporter des explications, des illustrations, des exemples, comporter des répétitions ou même des reprises à l’identique.

La littérature sur la reformulation est évidemment très fournie dans le domaine de l’acquisition et de l’apprentissage.

Nous avons, nous-mêmes, effectué des travaux sur les rôles des reformulations sous forme d’auto et d’hétéro-répétitions en contexte d’aide (réapprentissage, rééducation) aux patients aphasiques (TESTON-BONNARD, COLON DE CARVAJAL et MARKAKI, 2015).

Dans le domaine de l’acquisition et de l’apprentissage (enfant-adulte), la reformulation aurait plusieurs fonctions :

  • une fonction de clarification lorsque le locuteur reformule son propre énoncé (MORGENSTERN, SEKALI, 1999), ou lorsque l’interlocuteur cherche une confirmation de l’interprétation qu’il a donnée à l’énoncé de l’autre (surtout s’il s’agit d’une production enfantine instable) (CLARK, CHOUINARD, 2000),

  • une fonction de réorientation du dialogue (reformulation « diaphonique », DE WECK, 2000),

  • une fonction phatique pour montrer à l’apprenant qu’on accueille ses productions, qu’on les prend en compte et qu’on essaye de les comprendre (VINTER, 2000), ou encore

  • une fonction « corrective » (CLARK, CHOUINARD, 2000) ou « d’apprentissage » (VINTER, 2000).

Le fait que les enfants tiennent compte des reformulations adultes, et corrigent leurs productions erronées, illustre, selon Clark et Chouinard (CLARK, CHOUINARD 2000), que « les reformulations servent l’acquisition ».

Selon Monique Krötsch (KRÖTSCH 2007 : 37), « la répétition est le support par excellence de l’activité langagière à l’oral. Elle garantit à la fois la progression, la cohésion et l’interprétabilité du texte parlé ».

L’auteure poursuit en affirmant que

« En faire une erreur de planification est aberrant : elle rend au contraire la planification à court terme possible dans la production et est en cela bien adaptée à la relance du texte parlé, foncièrement ouvert ».

Sandrine Henry (HENRY 2002) établit dans un premier temps la distinction entre la répétition « fait de langue » et « fait de parole », les faits de langue étant des reprises d’éléments prévues par la grammaire, en opposition à « (…) des répétitions ‘faits de parole’, c’est-à-dire des répétitions propres à l’oral, véritables révélateurs de l’élaboration de tout discours oral » (HENRY 2002 : 2).

Elle distingue par la suite les répétitions de performance en opposition aux répétitions de compétence, telles que nous nous sujet + complément, nous nous présentons, ou pronom disloqué : nous, nous viendrons.

Par ailleurs, la notion d’identique est remise en question par le fait que le terme répété change de fonction (BLANCHE-BENVENISTE 2003; KRÖTSCH 2007 : 43)

À partir de cet état de l’art très rapide et non exhaustif, mais ouvrant de nombreuses pistes de travail, l’analyse aura pour objectif d’examiner les statuts syntaxiques, les fonctions, le rôle dans l’interaction des hétéro-répétitions à l’identique que nous envisageons ici comme un sous-groupe de reformulations.

Enfin, même si, dans cette contribution, nous n’exploitons pas les théories du dialogisme, les aspects polyphoniques évoqués très tôt par Eddy Roulet (1985), à propos de ces phénomènes, doivent être cités, nos travaux ne pouvant qu’être fortement en accord avec ce type d’analyse : « dans une structure diaphonique, l’énonciateur ne se contente pas de réagir, sans la toucher, à une parole présente (...) il commence par reprendre et réinterpréter dans son propre discours la parole du destinataire, pour mieux enchaîner sur celle-ci » (ROULET, E. L’articulation du discours, 1985, p. 71).

Ces phénomènes « procèdent » en effet, comme le réaffirme R. Vion (2006) « d’une coconstruction impliquant la présence d’un partenaire ».

C’est pourquoi notre approche syntaxique ne pouvait qu’être enrichie si elle appréhendait l’étude de l’hétéro-répétition « à l’identique » dans une perspective interactionnelle.

3. Analyse syntaxique de l’hétéro-répétition à l’identique

3.1. Place de la répétition à l’identique sur le plan morphologique et micro-syntaxique

Les travaux de Sandrine Henry (HENRY 2002 ; PALLAUD, HENRY 2004) sur la répétition portaient sur l’auto-répétition, et principalement sur les amorces répétées, soit des morceaux de mots ou groupes de mots répétés par le même locuteur dans le même tour.

L’étude linguistique avait pour objectif de TAL d’aider à l’amélioration des systèmes de reconnaissance de la parole et de l'étiquetage grammatical automatique de corpus oraux. Ces technologies impliquent la prise en compte et l’étude des répétitions de performance en opposition aux répétitions de compétence, (telles que nous nous sujet + complément) qu’on doit pouvoir traiter spécifiquement. Les résultats des études menées montrent que les répétitions de performance7 concernent principalement les mots-outils et apparaissent à des frontières syntaxiques majeures. Elles se produisent plutôt en début de syntagme, hypothèse posée par Blanche Benveniste (BLANCHE-BENVENISTE 2003), soutenue par S. Henry (HENRY 2002, 2004).

Par rapport au verbe, les résultats de l’étude citée (PALLAUD, HENRY 2004) montrent que les répétitions et les amorces se situent plus fréquemment en zone postverbale, que dans les autres zones (verbales et préverbales) mais qu’en zone préverbale, les répétitions sont plus nombreuses que les amorces.

Enfin, les répétitions se produisent plus fréquemment sur les mots outils, pronom, déterminant, préposition, conjonction que sur les mots pleins (contrairement aux amorces).

La répétition s’attache plus souvent au début du syntagme (…) (PALLAUD, HENRY 2004 : 857)

Blankenship & Kay (BLANKENSHIP, KAY 1964) ont démontré que certains types de reprises tendent à redémarrer (du moins en anglais) à partir de l’initiale du syntagme, validant ainsi la pertinence des unités abstraites de la linguistique dans le processus d’encodage (HENRY 2002 : 2)

Candéa (CANDEA 2000) fait aussi corréler la fréquence des répétitions aux types d’unités impliquées.

Ces observations sur les auto-répétitions paraissent transposables aux hétéro-répétitions lorsqu’on examine les collections8 rassemblées sur les répétitions pour l’étude présente.

Quand les linguistes qui s’intéressent à la dimension orale de la langue décrivent, morphologiquement et syntaxiquement, les segments répétés, les modules micro-syntaxique et macro-syntaxique (BLANCHE-BENVENISTE, 1990, 1997, 2002) peuvent être activés utilement pour enrichir l’observation des propriétés formelles.

Par conséquent, nous choisissons de décrire ici les contextes d’apparition de quelques productions de répétitions de segments identiques (ou presque) par un interlocuteur -vs locuteur- dans le cadre d’une syntaxe à deux modules en articulation avec une approche interactionnelle.

Les occurrences traitées sont issues de la base Clapi9 et recueillies avec l’outil concordancier associé qui repère automatiquement les segments répétés dans les tours de paroles transcrits.

Nous étudierons les extraits sélectionnés en phases scalaires.

Nous avons étudié une collection dans laquelle les occurrences relevées ne présentent pas de changement fondamental de la construction syntaxique par rapport à l’énoncé premier, c’est-à-dire qu’on observe :

  • des modifications légères ou pas de modification dans la structure du constituant syntaxique,

  • éventuellement des expansions qui ne transforment pas la construction syntaxique support,

  • un lexique et des mots grammaticaux regroupés dans deux séquences similaires syntaxiquement de deux à quatre mots.

L’observation micro-syntaxique (prise en compte des catégories grammaticales en termes d’unités dépendantes et régies) à partir des exemples issus de notre collection, nous indique :

  • comment, où, à partir de quelles catégories répète-t-on plus souvent un groupe de mots (aspects morphologiques et grammaticaux), et

  • à quel « moment » du tour de parole (aspects interactionnels) l’interlocuteur reprend à l’identique un segment extrait de l’énoncé du locuteur.

Les résultats corroborent ceux de Henry (HENRY 2002 ; PALLAUD, HENRY 2004) sur l’auto-répétition. C’est en effet à partir des mots-outils, – prépositions, déterminants, pronoms, connecteurs, (plutôt que mots pleins) –, que les répétitions à l’identique se produisent le plus fréquemment :

(4)10
FAB avec des vrAIs gens
JEB avec des vrais gens

(5)
JEB il a dû faire deux réunions ici/
FAB deux réunions ici/ bon

(6)
RAP à outrance/ (0.2)
LUC à outrance/

(7)
FAB [regarde regarde dans l`
xxx] français t` as vu/ (.) t` as un deuxième trait qui commence:
JEB ouais
FAB < ((en riant)) qui ne finit [pas>]
SOP [qui] ne finit pas/ ((rire 0.5)) qui ne
finit [jamais

(8)
FAB =une [vrAIe boîte ]
JEB [donc euh:: une gro]sse boîte/ une vraie boîte/ [avec des
vrais&
SOP [x xx/]
JEB &patrons] d'une vraie boîte/

(9)
ASS y a pas conciliation/
CNL monsieur RGI propose mille trente/ vous proposez mille quinze/
combien/ mille vingt/
LOC mille vingt/ jusqu'à mille vingt (1.3)
CNL alors y a pas d` conciliation

(sur le premier échantillon de 100 exemples, 100% répondent à l’hypothèse de départ)

Sur le plan de la reproductibilité, les places micro-syntaxiques des segments répétés et les catégories grammaticales portant la reprise sont plutôt prévisibles. Pour une étude à visée TAL, les résultats sont conformes à ceux que Henry avait proposés pour les auto-répétitions.

3.2. Place de la répétition à l’identique sur le plan macro-syntaxique

L’hypothèse que nous avions envisagée était que le segment répété était un acte de langage et de ce fait correspondait obligatoirement à un noyau11 macro-syntaxique. 

Une étude approfondie ne confirme pas toujours cette hypothèse.

Alors quels types syntaxiques de segments répétés retrouve-t-on dans les corpus étudiés ?

Par exemple, j’analyserais le segment répété de l’exemple 1 plutôt comme postnoyau12 ; en effet, le segment est répété sur une intonation basse, dite « de parenthèse » ou d’appendice et est produit en fin de noyau :

(1’)
LAU la région post- labiale ou:
CLA ((rire))
LAU ou truc dans l` genre là/
CLA ((rire))
JUL ouais truc dans l` genre
((rire))

et dans l’exemple 7, le segment répété est une partie du noyau collaboratif : t’as un deuxième trait qui commence qui ne finit pas / qui ne finit pas qui ne finit jamais.

(7’)
FAB [regarde regarde dans l`
xxx] français t` as vu/ (.) t` as un deuxième trait qui commence:
JEB ouais
FAB < ((en riant)) qui ne finit [pas>]
SOP [qui] ne finit pas/ ((rire 0.5)) qui ne
finit [jamais

De même, le segment répété dans l’exemple 3, est l’un des noyaux associés (= question-réponse), selon la terminologie de Blanche Benveniste, puisqu’il est compatible avec une interrogation-hésitation. Du reste, on peut l’interpréter comme une partie d’une paire question/réponse, dans une perspective interactionnelle.

Si l’on considère que l’hésitation prédomine sur l’interrogation, on peut aussi l’analyser comme un prénoyau 13 produit par JEA ; si nous nous basons sur l’intonation, plutôt suspensive, ce que confirme le euh qui suit, le segment répété dépend du noyau élaboré ensuite collaborativement par CLA et JUL :

`fin:: communication médiation euh/

est le prénoyau du noyau collaboratif :

ben communication en / avec des esprits / en entreprise, entre différentes branches d’entreprise

jusqu’à la validation de JEA (qui s’interrogeait ou hésitait sur les termes de « communication-médiation ») :

mouais

(3’)
JUL ben ça dépend en fait c` que tu en fais hein/ tu peux faire de l'enseignement
si tu veux/ tu peux faire euh: `fin moi par exemple j` vais plutôt
essayer de rentrer en communication médiation/
JEA quoi dans quoi/ `fin:: communication médiation euh/
JUL ben communication en[:: ]
CLA [avec] des esprits ou:/
((rires & LAU fait claquement de langue au chat))
JUL communication en entreprise en fait tu vois .h par exemple la
communication: entre différentes branches de l'entreprise ou: `fin:
(0.8)
JUL mais [tout c` qui est] tout c` qui relève de ça en fait
JEA [mouais]

Dans ces exemples, les notions de temporalité et de productions langagières incrémentales émergent de la dimension interactionnelle de l’analyse linguistique. MONDADA (2004 :272) a observé que :

le formatage [du tour de parole] est lui aussi à la fois systématique (SACKS, SCHEGLOFF, JEFFERSON 1974) et profondément soumis aux contingences de la temporalité de l’énonciation et de l’interaction, auxquelles il s’ajuste et qu’il incorpore comme une ressource structurante.

4. Fonctions pragmatiques, discursives, énonciatives de la répétition

4.1. Fonctions générales

Selon la littérature, les répétitions remplissent différentes fonctions comme les emplois d’intensité, de renforcement (HAMMER in KARA 2007 : 35) ou encore elles permettent de délimiter une période thématique dans laquelle les participants co-construisent du sens.

On apprend en répétant, par conséquent la répétition est un moyen d’intégrer, d’assimiler une information, ou au contraire de la refuser totalement.

Ainsi, dans l’extrait cité supra, exemple 9, le locuteur CNL, en répétant « y a pas conciliation » ratifie le fait qu’il n’y ait pas de conciliation possible :

ASS y a pas conciliation/
CNL monsieur RGI propose mille trente/ vous proposez mille quinze/
combien/ mille vingt/
LOC mille vingt/ jusqu'à mille vingt
(1.3)
CNL alors y a pas d` conciliation
(0.7)

Dans l’exemple 5 (supra), l’interlocuteur FAB enregistre, et montre à son interlocuteur qu’il a enregistré l’information donnée par le locuteur que deux réunions ont eu lieu :

JEB [oui c'est] ça/
SOP h oui
JEB il a dû faire deux réunions ici/
FAB deux réunions ici/ bon
(0.5)
JEB plus euh:
FAB [une fois une heure un fois deux heures]

Dans le domaine de l’acquisition et de l’apprentissage (enfant-adulte), la reformulation aurait plusieurs fonctions, selon les auteurs référents du domaine :

  • une fonction de clarification lorsque le locuteur reformule son propre énoncé (MORGENSTERN, SEKALI 1999), ou lorsque l’interlocuteur cherche une confirmation de l’interprétation qu’il a donnée à l’énoncé de l’autre (surtout s’il s’agit d’une production enfantine instable) (CLARK, CHOUINARD 2000),

  • une fonction de réorientation du dialogue (reformulation « diaphonique », DE WECK 2000),

  • une fonction phatique pour montrer à l’apprenant qu’on accueille ses productions, qu’on les prend en compte et qu’on essaye de les comprendre (VINTER 2000),

  • ou encore

  • une fonction « corrective » (CLARK, CHOUINARD 2000) ou « d’apprentissage » (VINTER 2000).

Le fait que les enfants tiennent compte des reformulations adultes et corrigent leurs productions erronées illustre, selon Clark et Chouinard (CLARK, CHOUINARD 2000) que « les reformulations servent l’acquisition ».

Selon Monique Krötsch (KRÖTSCH 2007 :37), « la répétition est le support par excellence de l’activité langagière à l’oral. Elle garantit à la fois la progression, la cohésion et l’interprétabilité du texte parlé ». Elle poursuit en affirmant que

« En faire une erreur de planification est aberrant : elle rend au contraire la planification à court terme possible dans la production et est en cela bien adaptée à la relance du texte parlé, foncièrement ouvert ».

McTear identifie deux fonctions majeures de la répétition dans le discours : exprimer l’accord ou l’intérêt, et maintenir le dialogue. Et il remarque qu’elle peut servir aussi bien dans l’acquisition des connaissances que dans l’acquisition des mots, tous deux ratifiés par la répétition (voir aussi CLARK 2006).

Dans le dialogue, la répétition sert en effet à maintenir l’échange, exprimer l’accord, l’intérêt (MCTEAR 1985). Chaque fois que l’interlocuteur suivant répète un élément nouveau emprunté à l’interlocuteur qui précède, il augmente la base commune (TRAVERSO 2001) qu’ils partagent tous deux (CLARK 2006).

En maintenant le dialogue, la répétition accomplit quatre fonctions :

  • elle signale l’attention qu’on prête à ce que dit l’autre ;

  • elle constate l’usage de l’interlocuteur à cette occasion, et l’interlocuteur signale qu’il adopte les conventions du locuteur (ou qu’il les refuse). C’est pourquoi l’observation de ce qui est répété, et de ce qui ne l’est pas est important pour l’analyse ;

  • elle ratifie ce que le locuteur a dit. Cette ratification indique que l’information répétée devient partie de la base commune. Chaque interlocuteur contribue ainsi à son tour à l’augmentation de cette base commune par l’information qu’il ajoute.

On peut en effet admettre que la répétition crée une nouvelle information. Il ne s’agit pas purement et simplement de la reprise d’une information précédente, même si le matériau formel est similaire comme on l’a vu supra pour la répétition « à l’identique ».

Enfin si la répétition ratifie, la répétition cible aussi.

Ainsi, l’étude syntaxique des productions interactionnelles permet d’observer ce qui est répété, quels mots, quels groupes de mots, aussi bien au niveau des catégories grammaticales que des fonctions grammaticales, et d’examiner quels sont les termes et constructions répétés les plus récurrents. Il est alors possible d’évaluer ce qu’on cible le plus souvent, ce qui est « choisi » par l’interlocuteur.

L’analyse des répétitions montre qu’elles jouent un rôle d’intensité, de renforcement sur tout ou partie du message.

Françoise Hammer évalue les « contributions concurrentielles » de la reformulation et de la parataxe dans l’élaboration du sens et la progression argumentative du discours (HAMMER in KARA 2007 : 35) et range la parataxe et la reformulation parmi les procédés dits d’ampliation, « soit un ensemble de techniques d’intensification sémantiques et (ou) syntaxiques à visée persuasive » (id. 36).

Par sa « densité communicative » et son potentiel associatif, la reformulation paratactique fait progresser le discours, tandis que la reformulation marquée, subordonnée à la présence d’un relateur discursif, le modélise (TACHERFIOUT 2009 : 314, compte rendu de KARA 2007).

Pour Tiane Donahue (KARA 2007) la reformulation est un « acte discursif » qui fait avancer, comme d’autres actes discursifs, « l’interaction langagière » (p. 265).

Samir Tacherfiout, (TACHERFIOUT 2009 : 313) introduit son compte rendu de la lecture de l’ouvrage édité par Kara (KARA 2007) en rappelant que

Parmi les ressources du langage, il ne faut pas oublier toutes les possibilités de répétition, de relance, de reprise, de reformulation, de paraphrase… En somme, tout ce que l’on appelle activités « réitératives » ou « reformulantes », ce que j’appellerai aussi activités recréatrices du langage. Car, ces activités ont la potentialité d’agir sur les unités de la langue, depuis le mot jusqu’au texte, et pouvant faire basculer un « même » discours dans un sémantisme parfois différent de celui prédiqué initialement, au point que tout porte à croire qu’on est devant deux discours différents (p. 313).

4.2. Illustrations des fonctions spécifiques de l’hétéro-répétition à l’identique avec quelques exemples

Les fonctions de ratification, de soulignement, du choix par l’interlocuteur de certains éléments du message du locuteur, paraissent encore plus flagrantes en raison de la répétition pratiquement semblable des segments repris :

(10)
JEB ouais::/ parce que lui il voulait diriger une boîte/ tse: (.) plus
tard:/=
FAB =une [vrAIe boîte]
JEB [donc euh:: une gro]sse boîte/ une vraie boîte/ [avec des
vrais&
SOP [x xx/]
JEB &patrons] d'une vraie boîte/
(0.8)
FAB avec des vrAIsgens
JEB °avec des vrais gens
(0.3)
SOP bon/
(0.4)

L’expression de l’accord, de l’intérêt de l’interlocuteur vis-à-vis du message du locuteur est clairement renforcée dans ce type d’échanges.

Si l’hétéro-répétition à l’identique marque en les accroissant encore les aspects de ratification, de ciblage de l’information et de l’expression de l’accord entre locuteurs, elle permet aussi à l’interlocuteur de prendre à son compte la partie du message répétée, de l’interpréter différemment, de se l’approprier.

L’extrait suivant est d’autant plus intéressant que dans cette reprise « à l’identique », l’interlocuteur inverse la construction syntaxique. L’interlocuteur reprend « en riant » sur le ton de l’ironie (l’humour reste amical) l’énoncé du locuteur, son partenaire de jeu vidéo, qui, jusque-là, a eu du mal à reconnaître les talents de son partenaire :

(11)
LUC (../..) cinquante mètres [quoi]
RAP [même] pas tu fais la passe/ là
tu le vois
(0.5)
LUC dans la profondeur
RAP dans le trou le trou là où y a (diggle; dix gars)
(1.8)
LUC ouais c'est ça
RAP ((rire)) [xx ]
LUC [t` as bien géré] et comment t` as fait pour la faire aussi
puissante/
(0.3)
RAP ben carré °je j-°
(0.6)
RAP c'est indiqué
(0.2)
RAP j'avoue/
(2.6)
LUC j'avoue c'est < ((en riant)) indiqué/>
(.)
LUC il me prend un [(tu joues avec ça)]
RAP [euh passe la] moi là
(0.4)
RAP ah bien
(0.8)
LUC °oh qu'est c` tu crois là j'allais pas faire n'importe quoi/°
(3.5)
RAP mi temps
(0.5)
RAP deux [zéro à la mi temps ]
LUC [ah ouais j` me disais] pourquoi je [tire et y a] pas&
RAP [ouais ]
LUC &l` carré bleu [tu vois] pourquoi/
RAP [ouais]
LUC .H:: [qu'est ce (../..)

Dans l’exemple suivant (corpus jeu vidéo, voir annexe), les hétéro-répétitions font vraiment partie du jeu, de la compétition, à travers les reprises moqueuses qui rebondissent entre les joueurs comme une balle ; l’expression à outrance est « mal placée » et sans pertinence, sans à propos, selon RAP le partenaire de LUC tout comme la balle de LUC dans le jeu. Même le contenu sémantique de l’expression est utilisé métaphoriquement dans les nombreuses reprises de « à outrance », RAP reprochant à LUC de faire beaucoup trop d’erreurs… « à outrance » :

(12)
RAP (../..) m` l'aurait pris au pa- au passage
(0.8)
RAP ah putain je savais qu'il allait faire ça
(1.3)
LUC ah ben lui il a la technique par contre il a dû s` faire baiser déjà
une demie douzaine de fois/ avant de comprendre/
(1.6)
RAP bien
(0.2)
LUC NAN DÉSOLÉ:/
((rire))
RAP bon on t'excuse
(2.0)
LUC donc c'est l` gardien qui la récupère à outrance/
RAP nan::/ to-
(0.6)
RAP à outrance
(0.4)
LUC ((rire)) j` sais pas/
RAP POURQUOI/
((rire))
LUC JE SAIS PAS/ ((rire)) i` faut pas m` demander tu vois/
(0.8)
LUC faut pas m` demander/
RAP on dirait perceval tu vois/ tu places des mo:ts/ tu sais pas trop
((rire))
(0.2)
LUC ((rire))
LUC j'ai senti une ouverture/ j` me suis dis/ c'est là qu'i` faut l`
passer//
RAP ((ri[re)) ]
LUC [((rire))]
RAP i` passe euh au/
(.)
RAP i` passe au gardien euh
(.)
RAP à outrance/
(0.2)
LUC à outrance/
RAP c'est bon c'est bon/ i:-
RAP c:'est il a-
(0.3)
RAP il va bien là::-
(0.5)
LUC ((rire))
RAP à à outrance c'est que`que chose que tu fais beaucoup de [fois même
trop de fois t` vois ]
LUC [ouais nan mais je sais je sais je sais] je sais ça va
RAP ouais
(0.6)
RAP alors pourQUOI/
(0.3)
LUC pourquoi je sais pas/ i` faut pas m` demander pourquoi
(0.4)
LUC j` me suis dit c'est là c'est l` moment ou [jamais luc]
RAP [((rire))

Quels que soient les rôles que jouent les hétéro-répétitions, ils sont renforcés quand le matériau formel est repris « à l’identique » (ou presque).

Quelles que soient leurs spécificités, à l’instar de toutes les hétéro-répétitions, les « identiques » font progresser le dialogue, produisent de façon incrémentale des échanges qui font avancer et construisent au fur et à mesure l’interaction en donnant des messages chaque fois différents.

5. Synthèse : (statuts syntaxiques particuliers et fonctions pragmatiques, discursives, énonciatives de la répétition à l’identique) et pistes de travail

Les phénomènes de répétition et de reformulation mettent en œuvre des stratégies communicatives et discursives. Par cette étude, l’approche macrosyntaxique articulée à la perspective interactionnelle permet de poser que l’interaction maintenue par des répétitions et des reformulations fournirait des résultats différents par rapport à une interaction maintenue par d’autres stratégies langagières, puisque les interactants ont pointé certaines informations et pas d’autres. Les hétéro-répétitions à l’identique permettent aux interlocuteurs de souligner, focaliser et conserver des informations de manière plus forte, différemment et plus étroitement ciblée que s’ils utilisaient d’autres types de stratégies langagières, ou des reformulations - répétitions non identiques.

Sur un plan syntaxique plus restrictif, on peut faire le lien entre ce type de répétitions « hétéro-répétitions à l’identique » et les parallélismes syntaxiques qu’on trouve très régulièrement à l’oral, et y associer le phénomène des énoncés collaboratifs14 en général.

D’une certaine manière les hétéro-répétitions « à l’identique » continuent le discours du locuteur, ce qui conduit l’interlocuteur à s’approprier une partie de ce discours qu’il a sélectionnée.

En effet, les segments répétés par l’interlocuteur sont souvent des noyaux syntaxiques, unités autonomes à valeur illocutoire, même s’il s’agit d’unités qui ne sont pas des noyaux macro-syntaxiques dans d’autres contextes, dont évidemment des unités non canoniques ou des constituants dépendants micro syntaxiquement habituellement ad-noyaux (groupes prépositionnels ou non prépositionnels compléments, adjectifs, syntagmes nominaux, etc.)

En tant que noyaux macro-syntaxiques, les segments répétés par l’interlocuteur constituent des informations supplémentaires, des messages à eux tout seuls ; l’hétéro-répétition à l’identique recatégorise des segments syntaxiques habituellement non autonomes sur le plan syntaxique comme sur le plan discursif. D’autres catégories, ou d’autres constituants, quelles que soient leurs fonctions dans d’autres contextes, sont alors interprétables comme noyaux.

Et même quand les segments répétés ne sont pas interprétables comme noyaux mais comme unités ad-noyau (post-noyau ou partie d’un noyau ou l’un des membres d’une paire de noyaux associés), ainsi que nous l’avons observé sur quelques exemples supra, ils conservent une fonction de sélection, de ciblage d’information en relançant ou en achevant un noyau et contribuent ainsi au processus incrémental du message.

À l’issue de cette étude, des pistes de travail sont proposées pour explorer ces premiers résultats en termes de syntaxe et de linguistique interactionnelle.

Il sera intéressant de vérifier dans d’autres contextes interactionnels les observations faites dans cette contribution, et d’examiner

  • si les phénomènes d’hétéro-répétition à l’identique permettent toujours de donner un statut (macro-)syntaxique et séquentiel particulier aux segments répétés par rapport à ce qui précède et ce qui suit, en facilitant les réajustements et les réparations, en orientant l’interaction différemment,

  • si les hétéro-répétitions à l’identique, à l’instar des autres types de reformulations, font progresser l’interaction, développent, et peuvent, par exemple, initier ou clôturer une période thématique,

  • si elles s’orientent vers des fonctions particulières des pratiques répétitives comme celles de l’apprentissage, de la mémorisation spécifique, de la compréhension/communication plus étroite entre participants,

  • et, de ce fait, si elles peuvent servir à ajuster le sens des actions au plus près de la réalité des échanges langagiers.

Références bibliographiques

BERTRAND, Roxane, CHANET Catherine, « Fonctions pragmatiques et prosodie de enfin en français spontané », Revue de Sémantique et Pragmatique, n.17, 2005, p. 41-68.

BLANCHE-BENVENISTE, Claire, « Syntaxe, choix du lexique et lieux de bafouillage », DRLAV, n. 36-37, 1987, p. 123-157.

BLANCHE-BENVENISTE, Claire, BILGER Mireille, ROUGET Christine, VAN DEN EYNDE, Karel, MERTENS Piet, Le Français Parlé. Etudes Grammaticales, Paris, Editions du C.N.R.S., 1990.

BLANCHE-BENVENISTE, Claire, Approches de la langue parlée en français, Gap-Paris, Ophrys, 1997.

BLANCHE-BENVENISTE, Claire, « La naissance des syntagmes dans les hésitations et les répétitions du parler », in ARAOUI, Jean-Louis, (ed.), Le sens et la mesure : de la pratique à la métrique. Hommages à Benoît de Cornulier, Éditions Honoré Champion, 2003, p. 40-55.

BLANKENSHIP, Jane, KAY, Christian, « Hesitation phenomena in English speech: a study in distribution », Word, 20, 1964, p.360-372.

CANDEA, Maria, Contribution à l’étude des pauses silencieuses et des phénomènes dits ‘d’hésitation’ en français oral spontané. Etude sur un corpus de récits en classe de français, Thèse d’État, Université Paris III (Sorbonne Nouvelle), 2000.

CLARK, Ève Vivienne, CHOUINARD, Michelle Marie, « Énoncés enfantins et reformulations adultes dans l’acquisition du langage », Langages, n. 140, 34, 2000, p. 9-23.

CLARK, Ève Vivienne, « La répétition et l'acquisition du langage », La linguistique, n. 2, 42, 2006, p. 67-80.

CLINQUART, Anne-Marie, « La répétition, une figure de reformulation à réviser », in ANDERSON, Patrick, CHAUVIN-VILENO, Andrée, MADINI, Mongi (coord.), Répétition, Altération, Reformulation : Colloque international 22-24 juin 1998, Besançon, Presses Universitaires Franc-Comtoises, 2000, p. 323-349.

DE WECK, Geneviève, « Reformulations et répétitions par les adultes du langage des enfants : comparaison de dialogues avec des enfants normaux et dysphasiques », Langages, n.140, 2000, p. 38-67.

HENRY, Sandrine, « Étude des répétitions en français parlé spontané pour les technologies de la parole », in BESACIER Laurent, LECOUTEUX Benjamin, SÉRASSET Gilles, Actes de la 4ᵉ Rencontre des Étudiants Chercheurs en Informatique pour le Traitement Automatique des Langues (RECITAL), Nancy, 24-27 juin 2002, 2002, p. 467-476.

HENRY, Sandrine, « Quelles répétitions à l’oral ? Esquisse d’une typologie », in WILLIAMS, Geoffrey, (éds.), Actes des 2èmes Journées de Linguistique de Corpus (Lorient, 12-14 sept. 2002), Presses Universitaires de Rennes, 2003.

KARA, Mohamed (dir.), Usages et analyses de la reformulation, Metz, Université Paul-Verlaine, 2007.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, Les interactions verbales, Tome I, Paris, Armand Colin, 1990.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, Les actes de langage dans le discours, Paris, Nathan Université, 2001.

KRÖTSCH, Monique, « Répétition et progression en français parlé », Linx, n. 57, 2007, p. 37-46.

LEVELT, Willem Johannes Maria, « Monitoring and self-repair in speech », Cognition, 14, 1983, p.41-104.

LOUFRANI, Claude, « Locuteur collectif ou locuteur tout court », Recherches sur le français parlé, 3, 1981, p. 215-243.

LOUFRANI, Claude, « Le locuteur collectif. Typologie de configurations discursives », Recherches sur le français parlé, 4, 1984, p.169-193.

MACLAY, Howard, OSGOOD, Charles Egerton, « Hesitation phenomena in spontaneous English speech », Word, 15, 1959, p.19-44.

MCTEAR, Michael, Children's conversation, Oxford, Basil Blackwell, 1985.

MONDADA, Lorenza, « L'organisation séquentielle des ressources linguistiques dans l'élaboration collective des descriptions », Langage et société, n. 1, 89, 1999, p. 9-36.

MONDADA, Lorenza, « Temporalité, séquentialité et multimodalité au fondement de l’organisation de l’interaction : le pointage comme pratique de prise du tour », Cahiers de linguistique française, n. 26, 2004, p. 269-292.

MORGENSTERN, Aliyah, SEKALI, Martine, « Processus de clarification de la référence dans le dialogue adulte-enfant », in METTOUCHI, Amina, Cercle Linguistique du Centre et de l’Ouest, La référence, 2. Statut et processus, Presses universitaires de Rennes, 1999, p.313-333.

MOREL, Mary-Annick, DANON-BOILEAU, Laurent, Grammaire de l’intonation : l’exemple du français, Paris, Ophrys, 1998.

PALLAUD, Berthille, HENRY, Sandrine, « Amorces de mots et répétitions : des hésitations plus que des erreurs en français parlé », in PURNELLE, Gérald, FAIRON, Cédrick, DISTER, Anne, Le poids des mots. Actes des 7èmes Journées Internationales d’Analyse statistique des Données Textuelles, Louvain-la-Neuve, 10-12 mars 2004, Louvain, PUL, 2, 2004, p. 848-858.

PRAK-DERRINGTON, Emmanuelle, « Thomas Bernhard, la répétition impertinente ou le refus de reformulation : l'exemple du récit autobiographique 'La cave' », in LE BOT, Marie-Claude, SCHUWER, Martine, RICHARD, Elisabeth (eds.), La reformulation, marqueurs linguistiques, stratégies énonciatives, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 251-264.

ROULET, Eddy et al., 1985, L’articulation du discours en français contemporain, Berne, Peter Lang, p. 22.

SACKS, Harvey, SCHEGLOFF, Emanuel Abraham, JEFFERSON, Gail, « A Simplest Systematics for the Organisation of Turn-Taking for Conversation », Language, n. 4, 50, 1974.

SCHEGLOFF, Emmanuel Abraham, « Repair After Next Turn: The Last Structurally Provided Defense of Intersubjectivity in Conversation », American Journal of Sociology, n. 5, 97, mars 1992, p. 1295-1345.

SCHEGLOFF, Emanuel Abraham, « Practices and Actions: Boundary Cases of Other-Initiated Repair », Discourse Processes, 23, 1997, p.499-545.

SHRIBERG, Elizabeth, Preliminaries to a Theory of Speech Disfluencies, Unpublished Ph.D. Thesis, Berkeley, University of California, Department of Psychology, 1994.

TACHERFIOUD, Samir, Compte rendu de KARA, Mohamed (dir.), Usages et analyses de la reformulation (2007), Synergies Algérie, n.4, 2009, p. 313-319.

TESTON-BONNARD, Sandra, « Doit-on annoter les particules discursives (PDi) comme ‘‘noyaux associés’’ ? – Statut et propriétés syntaxiques de quelques PDi et étude du mot ‘‘genre’’ à l’oral », Studia Universitatis Babeş-Bolyai Philologia, n. 4, 2014.

TESTON-BONNARD, Sandra, COLON DE CARVAJAL, Isabel, MARKAKI-LOTHE, Vassili, « Études des interactions dans les lieux de vie d’un patient aphasique. Auto-répétitions, répétitions collaboratives, et reformulations des aidants » in LOPEZ MUÑOZ, Juan Manuel (éds.), Aux marges du discours. Personnes, temps, lieux, objets, Paris, Editions Lambert-Lucas, p. 337-349, 2015.

TESTON-BONNARD, Sandra, « Je te raconte pas ! vraiment c’est…. des constructions courtes ! Entre oral ‘‘authentique’’ et fictionnel, identification de certaines unités », Colloque ORAL: langues romanes. Corpus, genres, niveaux d’analyse, Cluj (Roumanie), Université Babeç-Bolyai, mai 2016.

TRAVERSO, Véronique, « Aspects de la négociation dans un polylogue » in BERIT HANSEN, Anita, MOSEGAARD HANSEN, Maj-Britt,
Structures linguistiques et interactionnelles dans le français parlé : actes du colloque à Copenhague, du 22 au 23 juin 2001, Copenhagen, Museum Tusculanum Press, University of Copenhagen, 2003, p. 11-31.

VALLI André, VÉRONIS, Jean, « Étiquetage grammatical de corpus oraux : problèmes et perspectives », Revue Française de Linguistique Appliquée, n. 2, 2, 1999, p. 113-133.

VINTER, Shirley, « Imitations et reformulations de l’adulte entendant — reformulations de l’enfant sourd : quelles articulations ? », Langages, n. 140, 34, 2000, p. 24-37.

VION Robert, « Reprise et modes d'implication énonciative », La linguistique, 2/2006 (Vol. 42), p. 11-28.

Annexes

Extraits élargis des exemples cités et analysés

Transcription : conventions ICOR

(http://icar.univ-lyon2.fr/projets/corinte/documents/2013_Conv_ICOR_250313.pdf)

Corpus : Négociation sur les loyers - commission de conciliation ==> Transcription : Amélioration des abords

Retrouver directement cette attestation dans le concordancier avec son code : e5/ekk


LOC (../..) s`ra pas autrement co- qu'est-ce qu` voulez [que- qu'on
dise]
RGI [c'est pas vrai] madame
ne dites pas ça: ne dites pas ça puis écoutez j` veux pas rentrer dans
un: c'est pas la peine de discuter (1) j` veux pas j` veux pas [qu'elle
CNL [bon]
RGI &[terminer cet entretien en vaudeville]
ASS [(inaud.) pas]
CNL ve:- monsieur:
ASS y a pas conciliation/
CNL monsieur RGI propose mille trente/ vous proposez mille quinze/
combien/ mille vingt/
LOC mille vingt/ jusqu'à mille vingt
(1.3)
CNL alors y a pas d` conciliation
(0.7)
FLAC ((RIT))
(1)
DDE ben écoutez franchement enfin
(2.2)
CNL ben nous [c'est pas à] nous à faire des [pro]positions hein moi qu'est-ce&
DDE [ben oui/] [non]
CNL &qu` voulez qu` j` vous [dise quand même] pas j` peux pas:
euh:&
ASS [ma foi (../..)




Corpus : Réunion de travail entre publicitaires - lyon saxe ==> Transcription : LSG 35
Retrouver directement cette attestation dans le concordancier avec son code : m5/9lc


FAB à vichy [mais attends il est excité comme une puce hein/]
JEB [mai- NON::::: ils:] SONT ravis:
(0.3)
SOP [mais i`s vont à vi]chy/
JEB [(ils ont des sous)]
(0.2)
JEB ouais::/ parce que lui il voulait diriger une boîte/ tse: (.) plus
tard:/=
FAB _=une [vrAIe boîte]
JEB [donc euh:: une gro]sse boîte/ une vraie boîte/ [avec des
vrais&
SOP [x xx/]
JEB &patrons] d'une vraie boîte/
(0.8)
FAB avec des vrAIsgens
JEB °avec des vrais gens
(0.3)
SOP bon/
(0.4)
JEB .H: [voilà]
SOP [alors] bon ben alors d'acc- alors DONC bon très bien .h [alors]
JEB [donc
ef]fectivement tu t` concentres: sur: le [food:]
SOP [voilà] (.) le food
JEB .h et/ euh:[::]
FAB [les locales] foods
JEB ET i` faut qu'on entre food euh et::/ j` pense faut qu'on devienne des
champions
(1.3)
JEB français et européens/
(0.3)
FAB °mondiaux°
JEB .h::
SOP ((rire))
JEB de:: la (../..)




Corpus : Réunion de travail entre publicitaires - lyon saxe ==> Transcription : LSG 35
Retrouver directement cette attestation dans le concordancier avec son code : m5/g0k

FAB non p`t-êt` pas deux à trois [jours/]
JEB [qu'on a] qu'on n'a pas rémunéré mais
(0.9)
JEB non mais au moins euh: deux trois réunions/
FAB [hm]
JEB [si] euh plus [une]
SOP [ben] oui i` en a fait une ah ben oui j'étais là moi [
une fois]
JEB [oui c'est] ça/
SOP .h oui
JEB il a dû faire deux réunions ici/
FAB deux réunions ici/ bon
(0.5)
JEB plus euh:
FAB [une fois une heure un fois deux heures]
SOP [oui mais c'était dans le cadre/ faut] bien rapp`ler le le truc c'était
dans le cADre (.) [pour que] éco perspectives/ (.) gagne&
JEB [ouais/]
SOP &bléfree/
JEB .H oui
(0.3)
SOP c'était pas euh[:: ]
FAB [hm hm] [hm hm]
SOP [c'é]tait bien dans ce cadre là/ qu'il était

JEB oui oui tout (../..)




Corpus : Session de jeux video entre jeunes ==> Transcription : Foot - 2 joueurs - aix_xml
Retrouver directement cette attestation dans le concordancier avec son code : n5/chi


LUC (../..) cinquante mètres [quoi]
RAP [même] pas tu fais la passe/ là
tu le vois
(0.5)
LUC dans la profondeur
RAP dans le trou le trou là où y a (diggle; dix gars)
(1.8)
LUC ouais c'est ça
RAP ((rire)) [xx ]
LUC [t` as bien géré] et comment t` as fait pour la faire aussi
puissante/
(0.3)
RAP ben carré °je j-°
(0.6)
RAP c'est indiqué
(0.2)
RAP j'avoue/
(2.6)
LUC j'avoue c'est < ((en riant)) indiqué/>
(.)
LUC il me prend un [(tu joues avec ça)]
RAP [euh passe la] moi là
(0.4)
RAP ah bien
(0.8)
LUC °oh qu'est c` tu crois là j'allais pas faire n'importe quoi/°
(3.5)
RAP mi temps
(0.5)
RAP deux [zéro à la mi temps]
LUC [ah ouais j` me disais] pourquoi je [tire et y a] pas&
RAP [ouais]
LUC &l` carré bleu [tu vois] pourquoi/
RAP [ouais]
LUC .H:: [qu'est ce (../..)




Corpus : Session de jeux video entre jeunes ==> Transcription : Foot - 2 joueurs - aix_xml
Retrouver directement cette attestation dans le concordancier avec son code : n5/fma

RAP (../..) m` l'aurait pris au pa- au passage
(0.8)
RAP ah putain je savais qu'il allait faire ça
(1.3)
LUC ah ben lui il a la technique par contre il a dû s` faire baiser déjà
une demie douzaine de fois/ avant de comprendre/
(1.6)
RAP bien
(0.2)
LUC NAN DÉSOLÉ:/
((rire))
RAP bon on t'excuse
(2.0)
LUC donc c'est l` gardien qui la récupère à outrance/
RAP nan::/ to-
(0.6)
RAP à outrance
(0.4)
LUC ((rire)) j` sais pas/
RAP POURQUOI/
((rire))
LUC JE SAIS PAS/ ((rire)) i` faut pas m` demander tu vois/
(0.8)
LUC faut pas m` demander/
RAP on dirait perceval tu vois/ tu places des mo:ts/ tu sais pas trop
((rire))
(0.2)
LUC ((rire))
LUC j'ai senti une ouverture/ j` me suis dis/ c'est là qu'i` faut l`
passer//
RAP ((ri[re)) ]
LUC [((rire))]
RAP i` passe euh au/
(.)
RAP i` passe au gardien euh
(.)
RAP à outrance/
(0.2)
LUC à outrance/
RAP c'est bon c'est bon/ i:-
RAP c:'est il a-
(0.3)
RAP il va bien là::-
(0.5)
LUC ((rire))
RAP à à outrance c'est que`que chose que tu fais beaucoup de [fois même
trop de fois t` vois ]
LUC [ouais nan mais je sais je sais je sais] je sais ça va
RAP ouais
(0.6)
RAP alors pourQUOI/
(0.3)
LUC pourquoi je sais pas/ i` faut pas m` demander pourquoi
(0.4)
LUC j` me suis dit c'est là c'est l` moment ou [jamais luc]
RAP [((rire))]
LUC i` faut que tu l` (../..)




Corpus : Réunion de travail entre publicitaires - lyon saxe ==> Transcription : LSG 35
Retrouver directement cette attestation dans le concordancier avec son code : m5/nn2

JEB (../..) au d`ssus
(0.4)
JEB il est au mê:me niveau:/ mais i` coordonne
(0.5)
FAB m:::: non regarde pa`ce que le deuxième trait c'est (0.5) c'est achat
industriel supplied chain
(0.6)
JEB f (0.4) ça c'est les [(xx)]
SOP [MOI i`] m'a dit j` suis [directeur commercial]
FAB [regarde regarde dans l`
xxx] français t` as vu/ (.) t` as un deuxième trait qui commence:
JEB ouais
FAB < ((en riant)) qui ne finit [pas>]
SOP [qui] ne finit pas/ ((rire 0.5)) qui ne
finit [jamais]
JEB [°oh putain°]
FAB c'`t-à-dire (0.5) t. (0.5) .h [(sait plus:)]
SOP [on sait] pas [s-]
JEB [on] sait pas s'il
est au [d`ssus à côté] ses collè::gues: [euh::]
FAB [en fait euh::]
FAB [on pré]fère ne pas tr[ancher]
JEB [et c'est] un transversal et c'est très bien comme [ça]
SOP [moi] i` m'a dit
[j` travaille (../..)

1
L’auteur remercie le Labex Aslan (ANR-10-LABX-0081) de l’Université de Lyon pour son soutien financier dans le cadre du programme « Investissements d’Avenir » (ANR-11-IDEX-0007) de l’État Français géré par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

2
Nous distinguons l’auto-répétition qui est la répétition d’un segment source à l’intérieur du discours d’un seul locuteur, et l’hétéro-répétition qui se produit dans l’interaction entre deux participants différents (un locuteur et son interlocuteur) : elle est donc la répétition par l’interlocuteur d’un segment source produit par le locuteur.
Nous faisons appel ainsi au contenu défini (par Eddy ROULET et al., 1985) des reprises, par le locuteur, de paroles que vient de tenir son partenaire.

3
Tous nos exemples sont puisés dans la base de données CLAPI (Corpus de LAngue Parlée en Interaction, http://clapi.ish-lyon.cnrs.fr/) ; les conventions de transcription sont disponibles à l’adresse http://icar.univ-lyon2.fr/projets/corinte/documents/2013_Conv_ICOR_250313.pdf.

4
L’auteure est seule responsable de cette assertion qui n’est que le fruit de son expérience, riche mais souvent difficile, avec certains chercheurs adeptes de l’AC.

5
Voir exemples analysés supra.

6
Base de données CLAPI (clapi.univ-lyon2.fr).

7
La répétition de performance est entendue par Henry comme marque du travail de formulation au statut non identifié par la grammaire, par opposition aux rencontres de formes identiques des emphases, reprises pronominales, formes homonymes de catégories et fonctions différentes qui ont un statut linguistique identifié par la grammaire.

8
Voir en annexe des extraits (avec contexte) de la collection recueillie.

9
http://clapi.ish-lyon.cnrs.fr/ : banque de données orales en interaction outillée et annotée. Il y a 15 ans, ICAR a conçu CLAPI et depuis, gère le recueil et le traitement audio-vidéo, les transcriptions, et le développement informatique des outils.

10
Voir en annexe les exemples avec leur contexte élargi, et leurs références précises.

11
Le noyau est capable de recevoir toutes les modalités (BLANCHE-BENVENISTE 1990 : 142), et coïnciderait avec un acte de langage (BLANCHE-BENVENISTE 1997a : 114) ; il peut constituer un tour de parole, sert d’appui à l’interlocuteur pour poursuivre l’échange conversationnel, par conséquent il établit à lui seul un acte de communication suffisant.
Les noyaux n’ont pas de composition prédéterminée en termes de catégories grammaticales ; ils peuvent coïncider avec
- des constructions verbales
le ciel est bleu
si j’avais su
- des constructions non verbales
tant pis / tant mieux / oui / d’accord / pas question (id. 1990 : 127)
[le lendemain] grande surprise (B 112) exemple BLANCHE-BENVENISTE 1990 : 133
- des unités non constituées de catégories grammaticales, et, par extension de la définition, de simples conduites communicatives (bof !, un geste, une mimique, etc.), ce qui est d’ailleurs envisagé aussi par l’approche de Berrendonner (1990).

12
Le Postnoyau est défini comme unité dépendante discursivement d’un noyau, placé après ce noyau, avec une intonation d’appendice (voir définition du postfixe de BLANCHE-BENVENISTE 1990, et du postnoyau dans TESTON-BONNARD 2014, 2016)

13
Le prénoyau est défini par Blanche-Benveniste comme une unité dépendante discursivement d’un noyau, placé avant ce noyau avec une intonation d’attente, en suspens, projetant une suite (le noyau) (id)

14
Claude Loufrani (LOUFRANI 1981, 1984) a étudié sur le plan syntaxique ce phénomène qu’il nomme « le locuteur collectif » au cœur de l’Approche aixoise (Approche Pronominale ie AP) du GARS (Groupe Aixois de Recherches en Syntaxe, dirigé par C. Blanche Benveniste).

Per citare questo articolo:

Sandra TESTON-BONNARD , Étude linguistique des hétéro-répétitions ‘‘à l’identique’’ (ou presque) dans des contextes interactionnels, Repères DoRiF n. 13 - La Répétition en langue - coordonné par Ruggero Druetta, DoRiF Università, Roma octobre 2017, http://dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=358

Ritorna alla Barra di Navigazione