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Armelle JACQUET-ANDRIEU, Philippe TURCHET

Aspects de la duplication en langage normal ou pathologique. Niveaux de conscience

Dr. Armelle Jacquet-Andrieu & Philippe Turchet
Université Paris Ouest – Nanterre la Défense
UMR 7114 du CNRS Modèle Dynamique Corpus (MoDyCo)
Armelle.jacquet@univ-paris10.fr & turchet.philippe@gmail.com

Résumé

Cet article aborde la duplication en interdisciplinarité. Le langage, expression de la pensée humaine, est observé dans ses formes normale et pathologique (aphasie), ce qui permet de mettre en lumière un aspect important de la normalité. En effet, via une brève étude anatomique et fonctionnelle, neuropsychologique et linguistique, les auteurs évoquent deux strates au moins, dans la conscience (ou non) de dire, et ils en rendent compte avec trois types d’exemples de duplications. Il en résulte : a) la duplication simple, conjointe ou disjointe, relèverait du non-conscient (inconscient langagier de SAUSSURE (1891) ; ARRIVÉ, 2012, 2016), distinct de l’inconscient psychanalytique de FREUD, 1915), alors que b) les duplications doubles, verbales « c’est fou, c’est fou, c’est fou » (stratégie d’insistance) ou phatiques, « hmm, hmm, hmm » paraissent bien relever de la conscience de dire (Turchet, 2014 ; JACQUET-ANDRIEU, 2011, 2012). Une étude à creuser dans un second volet.

	 
  
Without consciousness the mind-body problem
would be much less interesting.
With consciousness
it seems hopeless
. (NAGEL, 1974 : 435)

1. Introduction

Dans le cadre de la communication humaine, la notion de duplication joue un rôle à divers niveaux de la structure du langage au sens large, plus précisément, cette dimension semble manifeste sur diverses strates de la structure langagière (JACQUET-ANDRIEU 2014 ; JACQUET-ANDRIEU et al. 2016). C’est pourquoi, dans la section 2, ci-dessous, nous développerons brièvement la question de la conscience de dire, à propos du langage et des langues, en appui sur certains troubles de l’expression verbale. Pour rendre compte concrètement des niveaux de conscience de la production et de la compréhension langagières, d’où émergent divers types de duplications, cette réflexion s’ouvrira sur deux unités spécifiques : le mot, via les productions verbales de sujets atteints d’une aphasie d’installation brutale1 (section 3) ; puis, au cœur de la fonction phatique du langage (JAKOBSON 1963), dans un contexte plurilingue d’interlocution normale, la section 4 concernera une onomatopée, le marqueur phatique « hmm » ou « hmm, hmm » (TURCHET 2014 ; TURCHET et al. 2016) que nous observerons chez des locuteurs francophones et des apprenants de français langue étrangère, en position d’allocutaires, au sens d’AUSTIN (1962) et SEARLE (1972)2, autrement dit, en situation de compréhension.

Cet article concerne donc les dimensions normale et pathologique du langage et évoquera plusieurs idiomes, au sens de Coseriu3, sur les versants de l’expression et de la compréhension, en lien avec la conscience que Damasio définit comme le « sentiment même de soi », titre d’un de ses ouvrages majeurs, publié en 1999.

2. Pensée, langage et conscience et pathologie du langage

Le débat aphasie et pensée, conscience et santé mentale, encore brûlant dans la littérature médico-légale4, fait référence d’abord aux tenants des fonctions intellectuelles altérées, contre les défenseurs d’une pensée intacte (ALAJOUANINE et al. 1964). Le neurologue Pierre MARIE (1926), suivi par le linguiste Roman JAKOBSON (1963), affirmait l’existence d’une « dégénérescence intellectuelle », chez les aphasiques : avis, largement battu en brèche aujourd’hui, sinon pour les aphasies primaires dégénératives, extérieures à notre propos ici.

2.1. Pensée et langage : point de vue neurologique

À partir d’une revue de littérature, LAPLANE (1997) a proposé des témoignages de personnes aphasiques ayant écrit leur expérience : celui du neurologue Jacques LORDAT (1853), lui-même victime d’une aphasie transitoire en 1825, puis ceux de Marie (JACQUET-ANDRIEU 2001) et de Michel CHARTIER (2000)5 posent directement cette question de la pensée qui, pour tous trois, est difficile à mettre en mots.

D’après LORDAT (1874) :

[…] en voulant parler, je ne trouvais pas les expressions dont j’avais besoin… La pensée était toute prête, mais les sons […] n’étaient plus à ma disposition. […] L’isolement mental, la tristesse, l’embarras, l’air stupide qui en provenait faisait croire à plusieurs qu’il existait en moi un affaiblissement des facultés intellectuelles […] Quand j’étais seul, éveillé, je m’entretenais tacitement de mes occupations de la vie, de mes études. Je n’éprouvais aucune gêne dans l’exercice de ma pensée […] Dès qu’on venait me voir, je ressentais mon mal à l’impossibilité où je me trouvais de dire : Bonjour, comment vous portez-vous ? (LORDAT, 1874 : 412)6

Marie raconte :

Mes mots manquent souvent. Mes mots, mes phrases, mes conjugaisons, ma grammaire sont une épreuve […]. Mais ma pensée est très rapide, comme l’oiseau. En même temps, je ressens la jubilation de la pensée de (dans)7 la peinture, et l’épreuve du langage. La musique, dessin, peinture… […] c’est une chose mystérieux, le don, directement la pensée // directement et intuition // J’ai découvert un monde autre (JACQUET-ANDRIEU, 2001 : 83).

Michel Chartier précise :

Car beaucoup croient que l’aphasique n’a pas la possibilité de penser, or, ce n’est pas le cas du tout. Au contraire, il semblerait que la pensée [jaillisse8] davantage et même d’augmenter considérablement ses perceptions, ses créations et ses visions, devenant pratiquement libres. Le langage humain enchaîne la pensée car sans langage, on peut aller bien au-delà et plus rapidement sur une construction philosophique, mathématique, métaphysique et spirituelle. N’est-ce pas le langage qui handicape l’homme dans ses expressions et ses idées ? […]9 (JACQUET-ANDRIEU, 2014, Ann 3 : 34).

Ces témoignages, auxquels bien d’autres pourraient s’associer, font état d’une pensée intacte, en tout cas vécue comme telle, tant chez des sujets ayant souffert d’une aphasie transitoire que chez ceux manifestant encore des séquelles, comme Marie, agrammatique depuis vingt-sept ans :

J’ai besoin maintenant / beaucoup / de temps de réflexion // puis le mot jaillit / ou parfois / jamais // […] les mots sont mélangés / mêlés / […] ‘chanter l’oiseau plus’ / C’est très compliqué / « l’oiseau ne chante plus » // […] le cerveau est obligé de composer la phrase // c’est tout le temps / tout le temps / tout le temps // (JACQUET-ANDRIEU 2001 : 80).

Effectivement, sa pensée n’est nullement en cause, comme Lordat, elle évoque le manque du mot, lié à la perte des automatismes : pour Marie, parler est une reconstruction de tous les instants, consciente et laborieuse (JACQUET-ANDRIEU 2014b). Cette difficulté spécifique nous amène à préciser les faits d’un point de vue linguistique.

2.2. Langage et conscience : point de vue linguistique

La notion de conscience en langage est souvent abordée sous l’angle de la philosophie ou de la psychologie. COSERIU (1973/1952)10, linguiste et philosophe, soulève cette question sous un angle linguistique, via une revue de littérature. Chez PAGLIARO (1950), il relève la « détermination historique du langage » et précise la « réalité concrète du sujet parlant et du langage activité cognitive », pour déboucher sur la langue : « projection objective et, en même temps condition technique » de l’activité linguistique. La langue « […] appartient au sujet et en même temps à sa communauté ; chez l'individu lui-même, elle se présente comme une altérité, comme quelque chose qui appartient aussi aux autres ». Ensuite, pour poser les dimensions fondamentales de l’espace et du temps en langage, Coseriu reprend les termes de PAGLIARO : la langue est « l'objectivisation concrète de l'activité linguistique d'un groupe humain dans l'espace et le temps », une activité où le sujet « ne s'oppose pas à la collectivité car il est lui-même collectivité »11 et, citant CROCE (1941), il précise que la langue représente « un universel concret, historique dans lequel il [le locuteur] se réalise comme sujet parlant. »12.

En outre, quelques années avant Chomsky, COSERIU (1952)13 généralise la question de la conscience, en précisant que la « langue » (Sprachbesitz) « existe dans la conscience de tous les membres d’une communauté linguistique donnée et elle est le fondement d'innombrables actes de parole concrets »14. Il évoque la conscience de dire et la mémoire, précisant la terminologie de PORZIG (1950)15 qui désigne la langue par Sprachbesitz (acquis linguistique) et la parole par Gespräch (discours, colloque) ; il réserve le terme Sprache au langage en général, ce qui rejoint l’acception médicale, neurophysiologique et neurolinguistique du terme. Le Sprachbesitz représente une série d’images mnémoniques et une série d’habitus, sédimentés dans la conscience du sujet parlant ; là résident les conditions de possibilité de la parole, où la mémoire est le témoin de l’espace et du temps du locuteur : le Où ? et le Quand ? ses habitus verbaux étant le comment. Par ailleurs, Coseriu fait référence aux automatismes acquis/appris de la production langagière, non-conscients, par définition et qui, dans des conditions normales, permettent l’occurrence des unités successives, aux justes endroit et moment de la production verbale volontaire : notion couramment évoquée sous le terme « disponibilité », en didactique des langues (PUREN 1988 ; JACQUET-ANDRIEU 2008 ; TURCHET 2013), et rendant compte de la cohérence et de la cohésion du message communiqué.

Ainsi reliées, les voies consciente et non-consciente de la production verbale, en appui sur la mémoire permettent l’organisation et la disponibilité nécessaires à l’acte de parole, en tant qu’acte de cognition (JACQUET-ANDRIEU 2014, 2015). Coseriu rejoint, ici, la notion « [d’]inconscient langagier » de Saussure que nous abordons brièvement, via les propos de Michel Arrivé (2012, 2016), spécialiste de cette question.

2.3. Position de Saussure, relue par Michel ARRIVÉ (2012, 2016)

Poser que l’expression de la pensée est en relation avec la conscience de dire et la mémoire, pour l’intégration de l’information, sa reformulation et le ressenti qu’elle suscitera chez l’interlocuteur, suppose un retour à la neurophysiologie et à la neuropsychologie des émotions sous-jacentes à la communication langagière (JAMES 1890 ; DAMASIO 2010 ; JACQUET-ANDRIEU 2015). En effet, avant de devenir signaux puis signes, les premiers indices verbaux sont sensoriels (auditifs et visuels, surtout), directement liés au monde émotionnel du sujet qui réagira aux divers percepts combinés et/ou associés, via une action sensori-motrice orientée vers le monde extérieur : acquisition/ apprentissage, interlocution, etc.

ARRIVÉ (2012) précise que la « conscience de la langue » apparaît très tôt dans l’œuvre de SAUSSURE (1891), par deux fois il l’écrit, dans le Cours 116, point théorique fondamental, non repris par ses disciples généralement. Pourtant, cette expression débouche sur une compréhension spécifique car, dans le projet d’ouvrage De l’essence double du langage (1891), il se lit :

La première expression de la réalité serait de dire que la langue (c’est-à-dire le sujet parlant)17 n’aperçoit ni l’idée a, ni la forme A, mais seulement le rapport a/A ; cette expression serait encore tout à fait grossière. Il n’aperçoit vraiment que le rapport entre les deux rapports a/AHZ et abc/A, ou b/ARS et blr/B, etc. (SAUSSURE 1891 : 39)18

Arrivé insiste alors sur la permanence de la pensée de Saussure sur ce point, entre 1891 et 1907, année du premier Cours de linguistique générale, et il observe :

[…] un phénomène discursif très spectaculaire : c’est la reprise par le pronom personnel masculin – « il n’aperçoit vraiment que le rapport » – du syntagme féminin « la langue ». Étrange lapsus : l’équivalence établie avec le sujet parlant a eu pour effet de substituer ce dernier à la langue pour la suite du développement. Comme s’il y avait équivalence, voire, interchangeabilité absolues entre les deux notions (ARRIVÉ, 2012 : 113).

La « conscience de la langue », associée ensuite à l’inconscient de la langue, est un élément fondamental de l’architecture du langage, sans rapport direct avec l’inconscient freudien et le refoulement, évoqué en 1915 (FREUD 1916), notion postérieure donc. Et Arrivé précise que l’inconscient freudien et l’inconscient saussurien, ce dernier étant « strictement langagier », gardent un trait commun : « ils ne sont en rien affectés par le temps »19.

C’est à ce point novateur, justement, que l’on peut corréler les théories de Coseriu et de Saussure à la neuropsychologie du langage, lien non démenti par le précurseur de la linguistique, puisqu’il situait les bases fonctionnelles du langage dans le « cerveau »20. En outre, dès 1952, Coseriu suit cette voie et le définit comme une « fonction cognitive »21, dont nous retenons ici la définition du philosophe KANT (1787) : « […] acte intellectuel par lequel on acquiert une connaissance »22.

Ces éléments de réflexion sur la pensée et le langage, initiés via l’introspection de sujets atteints d’une aphasie d’installation soudaine, l’évocation de leur pensée, si difficile à exprimer verbalement et leur rapport à la cognition, requièrent quelques explications complémentaires, sur cette atteinte et ce, d’un point de vue neuro-psycholinguistique, en lien avec la conscience de dire.

3. Présentation neuro-psycholinguistique de l’aphasie

3.1. Définitions

Si l’on se réfère à la définition initiale, brièvement évoquée en introduction (note 1), le vocable aphasie a été fixé en 1865, par Littré. L’une des définitions médicales communément admise est la suivante :

L’aphasie est le trouble de l’expression ou de la compréhension des signes verbaux, en dehors de toute atteinte des instruments périphériques d’exécution ou de réception, s’accompagnant le plus souvent de difficultés intellectuelles, primitives ou secondaires selon les auteurs ; elle répond à une lésion cérébrale localisée. La rupture de relation avec l’entourage qui en résulte sera souvent accrue par l’atteinte simultanée d’autres moyens de relation d’ordre perceptivo-gestuel, en rapport étroit avec le langage, mais qui ne sont pas nécessairement altérés conjointement à lui. (HÉCAEN et al, 1965 : 6).

Outre des désordres du langage, cette acception évoque l’existence fréquente de troubles associés et pose la question des difficultés intellectuelles et de la maîtrise de la pensée. Dans son ouvrage, « La voix éteinte » (PETINON, 2009)23 suggère, en tout cas, une modification de l’identité, pour le sujet (RICŒUR 1990). Marie, le dit à sa manière, en s’attribuant une nouvelle nationalité, pour éviter de passer pour une illettrée : « Notamment / j’ai dit que j’étais hongroise / que j’ai des difficultés en français // les gens sont gentils / et en admiration // Souvent / j’ai des difficultés en français // »24.

Précisions aussi que l’aphasie d’installation soudaine, qui touche environ 280 000 personnes en France, a un impact considérable sur les relations familiales et sociales. Cette grave atteinte, associée à des paralysies dans 80 % des cas, a toujours suscité un grand intérêt scientifique et, d’un point de vue neuro-psycholinguistique, le problème de la conscience en complique singulièrement le tableau clinique (cf. supra, la citation proposée et que nous traduisons ici) : « Sans la conscience, le problème de la relation corps-esprit serait nettement moins intéressant. Avec la conscience, il paraît insoluble. » (NAGEL, 1974 : 435).

3.2. Repères historiques et neurolinguistiques

Au début du XIXᵉ siècle, à Montpellier, LORDAT (1806) soigna le médecin et naturaliste Broussonet, à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). En janvier 1808, Candolle et Cuvier25, dans leurs éloges historiques, évoquaient la localisation dans l’hémisphère gauche des lésions observées. Presque dix ans plus tard, BOUILLAUD (1825) émit la même hypothèse (BEAR et al. 1997). En 1861, Aubertin décrivit le cas d’un sujet qui s’était fait exploser l’os frontal, lors d’une tentative de suicide manquée : il rapporta que s’il appuyait, avec une spatule, sur le lobe frontal découvert de l’homme (geste indolore), son élocution devenait heurtée, puis revenait à la normale s’il relâchait la pression. Enfin, en 1861 également, Broca écrivit que le « siège de la faculté du langage articulé » se situe dans la moitié arrière de la troisième circonvolution du lobe frontal de l’hémisphère cérébral gauche. Dans l’architectonie de BRODMANN (1909)26, il s’agit des aires 44 & 45. À ces zones principales s’ajoute une part de l’aire motrice supplémentaire (AMS : AB 6), isolée par PENFIELD et RASMUSSEN, en 1950 (Figure 1)27.

En 1874, Wernicke décrira des désordres du langage différents, touchant essentiellement la compréhension : l’atteinte concerne la première moitié de la première circonvolution temporale gauche (AB 2228), la conscience de dire étant plus ou moins abolie dans cette forme d’aphasie, dans sa phase aiguë, en particulier.

Jacquet 1

Figure 1 : Localisation des lésions corticales à l’origine d’atteintes aphasiques. Corrélation avec les aires de Brodmann29

Une structure de fibres nerveuses myélinisées30 relie les aires de Wernicke (AB 22) et de Broca (AB 44 & 45) : le faisceau arqué (Figure 2).

Jacquet 2

Figure 2 : Faisceau arqué visualisé en tractographie (CATANI et al, 2005)

Sans entrer dans le détail, ajoutons que les AB 39 et 40 concourent à la lecture (GESCHWIND et al. 1980), à l'écriture et au calcul (certaines aires communes avec celles du langage sont aussi bilatérales). Il existe des dissociations de ces trois fonctions du langage qui comportent aussi des aires d’activation dans l’hémisphère droit (ORGOGOZO et al. 1991). Par exemple, Marie est alexique31 et acalculique32 mais non agraphique33 (JACQUET-ANDRIEU 2001).

Schématiquement, d’un point de vue neurolinguistique, cette jonction anatomo-fonctionnelle « relie » sens et grammaire (JACQUET-ANDRIEU 2015), zones support de l’actualisation de la combinatoire sémantico-grammaticale (Figure 2) : production verbale ou lecture en réseaux distribués (1ère et 2nde articulations). Les deux autres segments sont des liens indirects : le segment antérieur relie l’aire de Broca à l’aire de Geschwind (AB 39 et 40 : lecture et écriture), laquelle est reliée à l’aire de Wernicke (AB 22). Ces réseaux corticaux distribués sont également reliés à des structures sous-corticales, seulement citées pour simplifier l’exposé, en particulier le thalamus et d’autres structures plus profondes, plus archaïques aussi : l’hypothalamus est en lien direct avec la conscience et les émotions (JAMES 1890 ; DAMASIO 1999, 2010 ; DEHAENE 2014).

Broca et Wernicke ont donné leur nom aux premières aphasies précisément décrites. Aujourd’hui, les études cliniques en distinguent de quatre à douze (SABOURAUD 1995) qui restent discriminées autour des troubles prédominants de l’expression (aphasie motrice, nonfluente34,agrammatique, Broca) et de la réception (aphasie sensorielle, fluente35, plus ou moins asémantique, Wernicke), allant jusqu’au jargon incompréhensible : expression inconsciente ou jargonaphasie (JAKOBSON 1963/1956 ; JACQUET-ANDRIEU 2001). Dans ce contexte, la répétition (ou duplication) revêt deux formes principales que les exemples suivants illustrent.

[…] à Angers, nous sommes au moins combien de gens à être , il y a quatre hauteurs, et […], une quinzaine au moins de gens qui sont debout, il y a aussi beaucoup de gens qui sont à se former des mots se forment encore, il y a encore trois ou quatre qui se forment des grands qui font ça évidemment, il y en a beaucoup où on est maintenant nous sommes nous arrivés […] où on passe la nuit, où on passe la nuit, une pour manger, [...] un passage où on peut se mou..., se laver, et lave et aussi des enfants, ce qu’on voit toutes les semaines on prend aussi de quoi se laver avec de l’eau même chaude, on a ce qu’[i] faut pour trouver ce qui est chaud et des gens […]. Je parle beaucoup mais je dis pas les choses que je voudrais. (SABOURAUD 1995 : 92).

Ce premier extrait d’un corpus d’aphasie fluente montre des duplications ou persévérations pathologiques : elles sont incontrôlées, rarement juxtaposées, non-conscientes (anosognosie)35, puis soulignées à la fin (prise de conscience a posteriori). Dans sa logorrhée (débit verbal parfois très fluide), le sujet parle de façon désinhibée, certains mots sont dupliqués, réapparaissant à un autre endroit du discours de façon incohérente ; en aphasiologie, les spécialistes usent du vocable « persévération » (JACQUET-ANDRIEU 2012), ils évoquent le « parasitage du message », d’où son aspect confus, d’un point de vue sémantique.

Le second exemple est tout différent :

// 6 octobre 19...89...muette pendant trois mois / rien du tout... J’ai continué ma rééducation [...] // j’ai prononcé un mot / oui, quatre mois / avant / après // non, c’est fou, c’est fou, c’est fou // Peu à peu, j’ai progressé très lentement / mais sûrement // […] j’ai besoin, maintenant / beaucoup / de temps de réflexion // puis le mot jaillit / ou parfois / jamais // [...] les mots sont mélangés // mêlés […] le cerveau est obligé de composer la phrase, c’est tout le temps / tout le temps / tout le temps
Et entre autres / entre nous / Ah / jajaj / c’est fou, c’est fou, c’est fou // Et entre autres / […]
[…] Et les courriers, c’est long, long, long. La banque, par / ezãpl /, c’est long, c’est long, c’est long // […] et par / ezãpl / l’enfant répète // « 2 et 2 font 4 » / « 3 et 3 font 6 » // Et l’enfant répète / répète / répète / satiété / et un an pour apprendre36 // […] et les aphasiques guéris parlent, parlent, parlent //
C’est merveilleux / je parle / je parle / je parle / le français // […] J’ai écrit mes amis / nombreux / j’ai écrit / j’ai écrit / j’ai écrit // j’ai plein de lettres / j’ai correspondu / plein / plein / plein //(JACQUET-ANDRIEU 2014 : 83-85).

Cet extrait, production aphasique non-fluente, parfaitement compréhensible, montre des duplications juxtaposées, généralement trois occurrences (rarement par deux) : elles sont consciemment exprimées. Si pour Marie, chaque mot dit est le résultat d’une recherche difficultueuse, elle expose clairement sa pensée et y introduit des éléments d’insistance. Notons qu’elle utilise une stratégie que l’on retrouve dans les langues isolantes, le vietnamien, par exemple, où il existe plusieurs types de redoublements qui fondent les règles sémantiques de constitution des mots du système lexical37.

3.3. En synthèse

Cette brève présentation des deux grandes familles d’aphasies d’installation soudaine montre schématiquement comment se différencient ces deux types de désordre du langage, face à l’expression et à la compréhension, en lien avec la conscience de dire, ce que révèlent deux modes d’incidence de la duplication.

Pour tous les sujets, le manque du mot est patent : tout se passe comme si, brutalement, la langue maternelle devenait langue étrangère (JACQUET-ANDRIEU 2001, 2014), de deux façons distinctes. Si l’on compare ces deux symptomatologies : d’un côté, le sujet jouit de la conscience de ce qu’il veut dire, bien qu’en difficulté pour construire ses énoncés (aphasie non fluente). Le sujet-parlant a perdu les automatismes linguistiques qu’il retrouvera partiellement, généralement, et il peut même insister consciemment sur ce qui lui importe le plus, avec des duplications doubles. De l’autre, a contrario, chez le locuteur porteur de troubles de la compréhension, les automatismes sont préservés mais il en perd le contrôle, plus ou moins : certains mots réapparaissent dans le discours du sujet, comme s’ils « restaient coincés » dans son empan de mémoire de travail, introduisant ainsi de l’incohérence. Dans les formes les plus graves ou à l’observation de la maladie dans sa phase aiguë, la conscience de dire peut être complètement abolie (anosognosie) et le sens du message incompréhensible (jargonaphasie).

Du côté du langage normal, toujours en lien avec la conscience ou non de dire, venons-en au second type de duplication annoncé en introduction, avec le marqueur phatique onomatopéique « hmm » et ses duplications, en interaction dialogique ; le développement a trait au locuteur silencieux et à l’écoute.

4. Marqueur phatique « hmm » ou « hmm, hmm » ?

S’il est admis que le langage premier a d’abord été de type holoverbal, à la fois corporel et prosodique, dans ses phylogenèse et ontogenèse, le « hmm, hmm » pourrait en être une manifestation sonore idiomatique, au sens de Coseriu (cf. supra). Or, un grand nombre de productions verbales comportent des « hmm » (orthographié aussi « humm » en français), dans une grande diversité de langues naturelles. En outre, une vibration sonore onomatopéique est une trace acoustique, physique et objective, et cet indice est acquis naturellement, sans apprentissage (BEAUMARCHAIS et al. 1984).

Durant l’interaction, le marqueur phatique « hmm » ou« hmm, hmm », idiomatique, est propre à l’allocutaire qui est inconscient de cette attitude ou posture para-verbale, il la vit implicitement, plus qu’il ne la maîtrise, il remplit donc la fonction phatique d’informer le locuteur qu’il est en phase avec ce qu’il dit – sans être forcément d’accord, ce qu’il pourrait évoquer lors d’une reprise de parole. Autrement dit, logiquement, le « hmm » devrait être absent des situations de rupture du lien de communication, en cas d’incompréhension ou d’agressivité, par exemple (CHANET 2003) : ces deux situations de communication rompues, concernent plutôt le langage qu’une langue particulière. En effet, d’après nos nombreuses observations (TURCHET 2014 ; TURCHET et al. 2016), les sujets-parlants de langue française enregistrés ponctuent l’écoute de leur interlocuteur de « hmm » non appris, éventuellement dupliqués (« hmm, hmm »), avec de rares doubles duplications (« hmm, hmm, hmm »). La question est donc de savoir s’il en est de même de citoyens étrangers en cours d’acquisition du français et ce, dans le même schéma de duplication, c’est-à-dire : un ou deux « hmm » de suite, rarement trois ?38

Dans cette hypothèse, au fil de son acquisition d’une langue seconde, un sujet-parlant non francophone, en position d’allocutaire, devrait produire lui aussi des marqueurs phatiques, naturellement, conformément au fait que « [toute] langue est dans l'esprit, non point certes comme un dictionnaire, une grammaire et une logique, mais comme un jeu d'habitudes sémantiques, grammaticales, intellectuelles […] »39.

4.1. Éléments de démonstration : interaction dialogique en milieu multilingue

Les départements de Carriérologie et de langues, de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), organisent un parcours pédagogique qui permet à leurs étudiants respectifs de se rencontrer. Dans ce contexte, des groupes de deux interlocuteurs sont formés, comprenant, chacun, un étudiant non francophone (n = 22) et un étudiant francophone (n = 22), dont 33 femmes et 11 hommes40.

La distribution des idiomes et variantes représentés (9 à 10) est la suivante : québécois (21), haïtien (n = 1) chinois (n = 13), russes (n = 2), brésilien (n = 1), colombiens (n = 2), mexicain (n = 1), moldave (n = 1), ukrainien (n = 1), égyptien (n = 1), soit vingt-deux sujets étrangers, arrivés au Québec francophone, depuis moins de deux ans, en situation d'apprentissage du français. Les sujets ont été filmés face-à-face, grâce à deux caméras permettant de les observer, en plan américain et les dialogues ont été enregistrés sous format numérique.

Ces modalités expérimentales étaient propres à faire émerger le lien phatique de l’interaction dialogique (COSNIER et al. 1987), dans des conditions aussi écologiques que possible, l’écueil majeur étant l’absence du marqueur « hmm, hmm », en cas d’échec de l’interaction, autrement dit, de la rupture de compréhension (PIRES 1997)41.

4.2. Résultats

Les participants de l’étude (2 x n = 22) se sont rencontrés plusieurs fois et deux interactions successives ont été observées, soit 44 entrevues ; pour chacune, le travail porte sur les trente premières minutes.

Le corpus comprend 175 337 occurrences mots, issues des 22 interactions dialogiques, spontanées. La moyenne représente 132,82 occurrences mots à la minute, dont 2 058 du marqueur phatique, simple ou dupliqué : « hmm », « hmm, hmm ».

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L’augmentation de la fréquence de la forme sonore « hmm » (simple ou dupliquée) de la seconde interaction, suggère un renforcement de la cohérence du dialogue, les participants ayant fait connaissance et partagé des informations plus ou moins personnelles.

De leur première à leur seconde interaction, l’élévation du nombre de « hmm » est significative (0.67), soit en données brutes, 857 occurrences doubles, dans la première interaction, et 1 228 dans la seconde. Un accroissement du lien phatique est objectivé dans 14 dialogues sur 22.

Jacquet 4

Pour les neuf (à dix) idiomes en présence, le « hmm » observé a été dupliqué une fois. Lors de la seconde entrevue, les occurrences du marqueur sont plus nombreuses chez les immigrants non francophones (+ 0.81) et (– 0.18), que chez les immigrants francophones. Cependant, deux phénomènes idiosyncrasiques ont été observés : un homme québécois de souche n’a émis aucun marqueur phatique « hmm », contrairement aux 20 autres ; un Colombien a dit un seul « hmm », non dupliqué, l’autre participante colombienne ayant produit 2 marqueurs doubles, puis 8, respectivement, elle entre dans la moyenne générale.

Sous l’angle du genre, les hommes (n = 11), très mutiques au départ, ont produit 40 doubles occurrences de « hmm, hmm » (moyenne de 3,63 à la minute), et les femmes (n = 33), 790 occurrences (moyenne de 23,93 à la minute), donc environ sept fois plus, chez les femmes. Ainsi, les hommes semblent moins disposés à conforter le lien de communication, lors de la première interaction, ou bien l’expriment autrement qu’avec ce marqueur car il serait partial d’affirmer, a priori, que ce type d’interaction dialogique intéresserait plus les femmes que les hommes. D’ailleurs, si l’on établit deux groupes à partir de la médiane (18,63 « hmm, hmm » à la minute), ce scindement distinguant les allocutaires qui ont produit le moins grand nombre de marqueurs phatiques, de ceux qui en ont produit le plus, il s’avère que la fréquence a plus progressé (8 participants sur 11), chez ceux dont l’indice de départ était inférieur à la médiane, par rapport aux autres (6 sur 11).

Enfin, trois sujets ont produit la forme « hmm, hmm » deux fois d’affilée, soit : « hmm, hmm // hmm, hmm », c’est-à-dire, deux appuis séparés de 4 centièmes de seconde, sans les enchaîner. Ces trois sujets restent donc dans le rythme non conscient, simple ou double de la forme « hmm ».

4.3. En synthèse

L’hypothèse était de pointer le fait que, quels que soient la culture et l’idiome envisagés, les locuteurs semblent bien émettre les mêmes marqueurs phatiques, d’ordre onomatopéique, non-conscients, acquis et non appris : il s’avère possible de dire que des sujets, parlant des idiomes différents et issus de cultures diverses, émettent tous ce même marqueur phatique, quand ils sont en position d’allocutaire (à l’écoute). Ledit marqueur pourrait être un indice d’ordre universel du suivi d’interaction dialogique. Cependant, aucune règle linguistique n’explique ces « hmm » et le passage à « hmm, hmm ».

Une double pertinence se dégage de ces observations : 1) d’un point de vue pragmatique, le marqueur « hmm » peut trouver sa place dans l’évaluation de la qualité d’écoute. L’allocutaire montre implicitement son engagement dans l’interaction ; 2) a contrario, sans même évoquer la possibilité d’autres modes non-conscients de manifestation de suivi d’une conversation, l’absence de cette occurrence (simple ou double) pourrait rendre compte d’une rupture de l’écoute, signant le plus souvent une incompréhension. Effectivement, un interlocuteur longtemps silencieux, en face de soi, suscite des demandes du genre : « Tu m’entends ? ». « Tu m’écoutes ? ». « Es-tu là ? », etc.

En l’absence de données contraires, la concordance des éléments évoqués semble plaider en faveur de l’universalité du marqueur phatique « hmm » ou « hmm, hmm » d’expression non-consciente et suggère aussi que toute relation dialogique est liée à des rythmes sous-jacents au flux du langage verbal. Cette expérimentation, brièvement présentée, montre effectivement que les allocutaires étrangers produisent le marqueur phatique « hmm », comme les francophones, dans les mêmes circonstances et dans le même ordre de fréquence.

5. Conclusion

Dans cet article, le propos était de réfléchir à la notion de duplication en linguistique cognitive, au sens plein du terme, et d’évoquer ce phénomène, à partir d’exemples du langage normal ou pathologique (l’aphasie d’installation soudaine), sur les versants de l’expression et de la compréhension. Cette étude nous a permis d’approcher des mécanismes systémiques (JACQUET-ANDRIEU 2011), susceptibles d’éclairer nos propositions et leurs niveaux d’incidence, par rapport à la conscience de dire.

Du côté des locuteurs aphasiques, entravés de deux manières différentes dans leurs productions verbales, nous avons observé deux types de duplication principaux, à deux niveaux de conscience (JAMES 1890 ; SAUSSURE 1891 ; DAMASIO 1999).

Chez Marie, dont les désordres prédominent sur le versant de l’expression verbale, la duplication est souvent double (trois occurrences successives d’un mot ou d’une expression figée) :

[…] c’est fou, c’est fou, c’est fou // […] c’est tout le temps / tout le temps / tout le temps // […] c’est long / long / long // La banque, par / ezãpl / c’est long / c’est long / c’est long // […] et par / ezãpl / […] // Et l’enfant répète / répète / répète / satiété / et un an pour apprendre // […] et les aphasiques guéris parlent / parlent / parlent //
C’est merveilleux / je parle / je parle / je parle / le français // […] J’ai écrit mes amis / nombreux / j’ai écrit / j’ai écrit / j’ai écrit // j’ai plein de lettres / j’ai correspondu / plein / plein / plein //(Jacquet-Andrieu, 2014 : 81-85).

Elle est parfaitement consciente de ses dires et fait des termes dupliqués une stratégie cognitive d’insistance, sur le plan sémantique.

Dans l’exemple cité par SABOURAUD (1995), le sujet aphasique porteur de troubles prédominants de la compréhension, émet son message à un niveau de conscience assez archaïque et se rend compte d’un décalage entre ses dires incontrôlés et ce qu’il voudrait exprimer (ce qu’il pense) : dans ce cas, les duplications sont disséminées dans son discours oral, ce sont des persévérations inconsciemment émises, voire, des éléments qui parasitent son message. Le sujet ne peut les contrôler et il en prend conscience, a posteriori : « Je parle beaucoup mais je dis pas les choses que je voudrais. » (SABOURAUD, 1995 : 92). En revanche, à propos du marqueur phatique « hmm », avec passage éventuel à « hmm, hmm », le sujet-parlant, natif ou étranger, est en phase d’écoute, de compréhension – et non d’expression, comme dans les exemples précédents –, ses émissions non-conscientes balisent seulement le message du locuteur, lui montrant implicitement qu’il le suit dans son énoncé, sans prendre la parole. Cette spécificité du marqueur phatique « hmm » tend à montrer la nature sous-jacente, subconsciente ou non-consciente (au sens évoqué plus haut) des rythmes prosodiques de la communication et, compte tenu des idiomes représentés et des familles de langues dont ces derniers sont issus, le marqueur phatique « hmm » et le passage à « hmm, hmm » semblent bien d’essence universelle, plus que culturelle.

En résumé, nous dirons que les exemples proposés, qui concernent le langage normal et une pathologie spécifique (aphasie), sur les versants de l’expression et de la compréhension, semblent montrer assez clairement que la récurrence simple, conjointe ou disjointe, est de l’ordre du non-conscient, alors que l’occurrence double, conjointe paraît relever de la conscience de dire. D’un point de vue neuropsychologique, un empan temporel pourrait faire démarcation, aussi serait-il intéressant de le mesurer : question que nous pourrions approfondir, pour la seconde session du programme.

Enfin, l’aspect novateur de l’approche proposée dans cet article tient à son interdisciplinarité qui permet de corréler une somme de données issues de la philosophie et de la neuropsychologie, mises au service de la linguistique générale. En effet, le langage est indissociable de l’identité psychique du sujet, dans son acquisition dynamique et son actualisation physique, ce, à travers des structures neuro-fonctionnelles (vigilance, conscience, attention, mémoire, système sensoriel et moteur, décision, action, etc.). Et, en dernière analyse, la dynamique langagière débouche sur un comportement généralement partagé : l’interlocution et ses degrés de conscience.

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Lésions corticales et architectonie de BRODMANN :
http://www.cofemer.fr/UserFiles/File/XdeBoissezon_ Aphasie Mod%C3%A8les&Anat.pdf.

Loi

J.O n° 36 du 12 février 2005, p. 2353 texte n° 1, http://aphasie.fr/wp-content/uploads/2015/12/Loi-02-05.pdf

1
Aphasie d’installation brutale : perte de la parole, secondaire à un accident vasculaire cérébral (AVC), une tumeur ou un trauma crânien, causes les plus fréquentes, essentiellement chez l’adulte.

2
Allocutaire : celui à qui s’adresse le message, dans la terminologie d’AUSTIN (1962), reprise par SEARLE (1972).

3
En espagnol, le terme idioma (idiome) [permet] de distinguer un système d’isoglosses culturellement déterminé, instrument et véhicule de la culture d’un ou plusieurs peuples (idioma francés, idioma italiano, etc. [idiome français, idiome italien, etc.]) d’un autre système quelconque d’isoglosses (langue). […] cette distinction est rarement proposée. (E. COSERIU (1973/1952),. Sistema, norma y habla, Madrid : Gredos, p. 109, note 161/ trad. par A. JACQUET (1977).

4
Cf. L’aphasique et la Loi, p. 218 et sq et EUSTACHE et al (1993), Langage et aphasie, p. 29 et sq.

5
M. CHARTIER, « Quand l’aphasie vous parle », in JACQUET-ANDRIEU, op. cit., 2014, Ann. 3, p. 34.

6
A. TROUSSEAU, « L’aphasie et la faculté du langage articulé », in La revue des deux mondes, vol. 4, 1874 : 410-426.

7
« Dans » serait à substituer à « de » ici.

8
L’auteur a écrit *« jaisse » : paraphasie réitérée dans une autre forme du verbe « jaillir ».

9
M. CHARTIER, op. cit.

10
E. COSERIU, Sistema, Norma y Habla, Montevideo, U. de la República, 1952.
E. COSERIU, Sistema, norma y habla, in Teoría del lenguaje y lingüística general (1e éd. 1952), Madrid, Gredos, 1973, p. 11-113.

11
A. PAGLIARO, op. cit. I, p. 61.

12
B. CROCE, “La filosofia del linguaggio e le sue condizioni presenti in Italia”, en “La Critica, XXXIX, 1941, p. 169-179.

13
E. COSERIU, 1952, op. cit.

14
E. COSERIU, 1973, op. cit., p. 23.

15
W. PORZIG, op. cit, p. 106 et sq.

16
F. de SAUSSURE, CLG, édition de Komatsu, p. 96 et 129.

17
Souligné par nous.

18
F. de SAUSSURE, « De l’essence double du langage », in Écrits de linguistique générale, p. 39.

19
M. ARRIVÉ (2012), op. cit., p. 121.

20
Il évoquait les signes « qui ont leur siège dans le cerveau », CLG, op. cit., p. 32.

21
E. COSERIU, 1973, op. cit., p. 36.

22
É. LITTRÉ, Dictionnaire de la langue française, II, p. 440.

23
Sylvie Petinon, victime d’une rupture d’anévrisme : hémorragie d’un angiome artério-veineux a écrit l’ouvrage : La voix éteinte. Témoignage d’une aphasique, Gap, Louisjean, 2009.

24
A. JACQUET-ANDRIEU, 2001, op. cit., p. 81.

25
O. HÉRAL, « Pierre Marie Auguste Broussonnet (1761-1807), naturaliste et médecin : un cas clinique important dans l’émergence de la doctrine française des aphasies », Revue Neurologique, 45-52, 2009.

26
La localisation des structures de l’encéphale activées, lors de nos actes (sens élargi) est généralement évoquée via la cartographie corticale des aires de Brodmann (AB), désignées en chiffres arabes : 52 aires.
K. BRODMANN, Vergleichende lokalisationslehre in ihren Prinzipien dargestellt auf Grund des Zellenbaues, Leipzig, Johann Ambrosius Barth Verlag, 1909.

27
http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2008.jacquier_c&part=148499/

28
J.-F. DÉMONET et M. PUEL, « Aphasie et corrélats cérébraux des fonctions linguistiques », in X. SÉRON et M. JEANNEROD, Neuropsychologie humaine, p. 337-359 et sq., 1994.

29
Lésions corticales et architectonie de Brodmann :
http://www.cofemer.fr/UserFiles/File/XdeBoissezon_ Aphasie Mod%C3%A8les&Anat.pdf.

30
Faisceau de fibres nerveuses : cette expression désigne des groupements d'axones de neurones ou substance blanche (SB). Les axones sont gainés de myéline, blanche à l'observation de coupes fraîches.

31
Alexie : Terme qui désigne la perte de la fonction apprise de la lecture ; elle concerne la reconnaissance des mots entendus et/ou écrits, leur structuration, leur lecture isolée et/ou en contexte. Rarement élective, elle accompagne souvent une aphasie grave et peut être associée à une agraphie.

32
Acalculie : Terme qui désigne le trouble acquis du calcul arithmétique et concerne la reconnaissance des chiffres entendus et/ou écrits, leur lecture, la structuration morphologique des nombres, l’organisation des opérations arithmétiques dans leur espace et leur conduite procédurale. Rarement élective, l’acalculie accompagne souvent une aphasie grave.

33
Agraphie : Terme qui désigne la perte de l’écriture, c’est l’incapacité d’écrire. Rarement élective, elle accompagne souvent une aphasie grave et peut être associée à une alexie.

34
Fluent & non fluent. En relation avec le débit verbal : fluide ou heurté, respectivement.

35
Anosognosie : la morphologie du terme vient du grec nosos (maladie) et gnosis (connaissance), le préfixe a- privatif, indiquant l'absence (ou perte) de conscience de la maladie. En aphasiologie, le a- privatif, indique la perte d’une fonction acquise/apprise (alexie, agraphie, agnosie, etc.), par opposition au dys- qui correspond aux troubles d’apprentissage : Dysphasie, dyslexie, etc.
En tant que linguiste et neuropsychologue, nous optons pour le paralexème (au sens de Greimas) « non-conscient », pour éviter toute confusion avec l’inconscient au sens freudien, introduit en 1915 (FREUD, 1916).

36
Marie est professeur agrégé de mathématique.

37
L.T. Nguyen, À propos du système lexical vietnamien.
Les mots formés par le redoublement se divisent en deux sous-classes suivant le mode de redoublement : partiel ou complet (sur la totalité de la syllabe qui devient le radical du groupe).
oe oe : « cri d’un bébé qui pleure » ; tùng tùng : « son du tambour » ; đùng đùng ; « bruit que fait un canon » ; chôm chôm : « une sorte de fruit exotique » ; chuồn chuồn : « libellule » : đa đa : « perdrix »
http://gerflint.fr/Base/Mekong1/nguyen_lan_trung.pdf (Consulté le 29/09/16).

38
Dans cette étude (88 fois ½ h par participant et 175 337 occurrences-mots), un seul migrant francophone a triplé ce marqueur phatique : « hmm, hmm, hmm », une exception sur 22 h d’entrevues, soit 0.000 000 57 %, idiosyncrasie patente, donc.

39
H. DELACROIX (1934). L’enfant et le langage, p. 10.

40
Au plan phylogénétique, quatre grandes branches sont représentées : indo-européenne, sino-tibétaine, chamito-sémitique et altaïque. Au plan synchronique (GREENBERG 1963), en lien avec les grammaires respectives, dans un continuum traversant les langues isolantes, agglutinantes et flexionnelles (SCHLEICHER 1868), le paradigme des langues concernées est suffisamment étendu pour être probant.

41
Plus de précisions sur le montage de l’expérimentation in TURCHET (2014), cf. Bibliographie.

Per citare questo articolo:

Armelle JACQUET-ANDRIEU, Philippe TURCHET, Aspects de la duplication en langage normal ou pathologique. Niveaux de conscience, Repères DoRiF n. 13 - La Répétition en langue - coordonné par Ruggero Druetta, DoRiF Università, Roma octobre 2017, http://dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=360

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